Au Royaume-Uni, le « battle bus », incontournable du folklore électoral

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Le « battle bus » de la campagne électorale du parti travailliste britannique, le 1ᵉʳ juin à Uxbridge, en Angleterre.

C’est un autobus tout rouge, du genre bus scolaire ou bus touristique, pas le double dekker londonien. Sur ses flans sont inscrits en gros caractères « Change » (« changement »). Il s’agit du battle bus (« bus de combat ») du parti Labour, dont samedi 1er juin, Keir Starmer, le chef de file du parti de la gauche britannique, inaugurait la première étape à Uxbridge, dans l’ouest du Grand Londres, l’ex-circonscription de Boris Johnson toujours tenue par les Conservateurs.

D’ici au 4 juillet, jour des élections parlementaires britanniques, le véhicule va sillonner les routes d’Angleterre, d’Ecosse et du Pays de Galles, avalant environ 5 000 miles, pour porter le message du parti travailliste, qui avec 20 points d’avance dans les sondages, compte bien revenir au pouvoir après quatorze ans d’absence.

Depuis les années 1980, le battle bus est un incontournable du cirque électoral britannique. Il est censé transporter le chef de file d’un parti, ses conseillers et les journalistes au plus près des électeurs. En 1983, Margaret Thatcher avait utilisé un battle bus blindé pour parer d’éventuels attentats de l’Armée républicaine irlandaise. Le véhicule de Tony Blair, en 1997, transportait une tribune pour ses discours impromptus.

Celui de Keir Starmer contient un réfrigérateur dont Angela Rayner, son adjointe, a détaillé le contenu avec gourmandise sur TikTok. Elle en a sorti des briques de lait et une laitue bien ronde, en référence à l’ex-première ministre Liz Truss. Sur les réseaux sociaux, en octobre 2022, la dirigeante tory, qui venait de provoquer une tempête financière, avait été défiée par… une salade. La question était de savoir si Liz Truss céderait aux appels à la démission avant que le légume ne défraîchisse. C’était la laitue qui avait gagné.

Circonscriptions les plus disputées

Lors de la campagne pour le référendum sur le Brexit de 2016, les responsables de la campagne pour le « leave » (Boris Johnson en tête), n’avaient reculé devant aucune approximation pour convaincre les électeurs. Leur battle bus rouge suggérait sur ses flancs de verser les « 350 millions de livres sterling versés chaque semaine à l’Union européenne », au NHS, le système de santé public du pays. Les Brexiters n’ont tenu aucune de leurs promesses et le NHS n’a jamais vu la couleur de ces sommes.

Pour son bus, Rishi Sunak, le premier ministre conservateur sortant, a choisi un slogan moins risqué : « Clear plan, bold action, secure future » (« Un plan clair, des actions audacieuses, un futur sécurisé »). Il n’est pas sûr qu’il y passe beaucoup de temps : celui qui, avec sa femme Akshata Murty, la fille du fondateur de la société informatique Infosys, forme un des couples les plus fortunés du pays, préfère se déplacer en jet privé ou en hélicoptère.

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