Au PS, Emma Rafowicz, combative malgré les attaques antisémites

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Emma Rafowicz, présidente des Jeunes socialistes, à Rennes, le 18 septembre 2022.

Une pluie fine tombe sur Paris ce samedi 9 mars. Entre la place de la République et les Grands Boulevards, une foule épaisse est venue braver les intempéries pour soutenir la cause palestinienne au sixième mois de la guerre déclenchée par les massacres du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, et la riposte sanglante du gouvernement de Benyamin Nétanyahou. Au milieu des drapeaux palestiniens, les slogans fusent : « Cessez le feu », « Stop génocide », « Boycott Israël, Etat criminel ».

En tête de cortège, le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, qui a fait de Gaza l’axe majeur de sa campagne des élections européennes, et la juriste franco-palestinienne Rima Hassan. Pour apercevoir le Parti socialiste (PS), il faut remonter le long défilé de manifestants. Derrière la banderole ornée d’une rose rouge, la présidente des Jeunes socialistes (JS), Emma Rafowicz.

Numéro huit sur la liste portée par Raphaël Glucksmann pour le PS et Place publique aux élections européennes, la militante de 28 ans ne ménage pas sa peine pour convaincre les électeurs de faire confiance aux socialistes. Ce jour-là, sa présence étonne jusque dans les rangs « insoumis ». Dans le petit milieu de la gauche parisienne, tout le monde sait que la jeune femme est la nièce d’Olivier Rafowicz, l’un des porte-parole de Tsahal et qui fait depuis le 7 octobre la tournée des chaînes d’information, CNews en tête, pour porter la voix du gouvernement israélien.

Comment la socialiste pourrait-elle dès lors défendre Gaza ? « Les gens ne comprennent pas. Ça n’entre pas dans leur logiciel essentialiste », commente, quelques semaines plus tard, la jeune femme, attablée dans un café de l’Est parisien. Depuis la manifestation, elle a sillonné la France, de Bourges à Bordeaux en passant par Caen ou Cherbourg (Manche). Le 1er mai, elle a rendu hommage à Léon Blum (1872-1950), figure du Front populaire en 1936, et se rendra ces prochains jours à Guérande (Loire-Atlantique), à Quimper et en Savoie. Si les sondages se confirment, elle sera élue eurodéputée, le 9 juin.

« Républicaine », « universaliste »

Un accomplissement après une campagne ardue. Son patronyme et son lien de parenté avec cet oncle établi en Israël, qu’elle connaît mal, ont fait d’elle la cible d’attaques antisémites ordurières. Pendant des mois, des trolls anonymes l’ont traité de « catin sioniste », de « tueuse d’enfants palestiniens », de « youpine ». En mars, elle a porté plainte et rendu l’affaire publique dans Libération. Depuis, le flot de haine s’est un peu tari.

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