Au Parlement européen, la victoire inachevée de l’extrême droite

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 Harald Vilimsky du Parti de la liberté d’Autriche (FPO), lors d’un débat télévisé, à Vienne, le 9 juin 2024.

A Bruxelles, lundi 10 juin devait être jour de fête pour le Mathias Corvinus Collegium (MCC), un groupe de réflexion financée par la Hongrie pour porter la voix des droites radicales et conservatrices dans la capitale européenne. Au lendemain du scrutin, qui a vu l’extrême droite s’affirmer au sein de l’hémicycle, MCC avait organisé un barbecue pour célébrer ces succès et faire le point sur l’ascension de cette famille ultraconservatrice.

Les nuages et la pluie bruxelloise sont venus perturber les agapes et saper un peu le moral de cette famille qui ne cesse de s’agrandir. Alors que, au précédent mandat, les différents groupes accueillant des formations nationalistes et souverainistes (les Conservateurs et réformistes européens (ECR), dont le PiS polonais et Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, Identité et démocratie (ID), parmi lequel le Rassemblement national, et les non-inscrits, au sein desquels figure le Fidesz du premier ministre hongrois, Viktor Orban) réunissaient quelque 160 eurodéputés, les effectifs ont gonflé, autour de 180 à 200 eurodéputés

Mais, malgré ces succès, les droites radicales ont la victoire amère, car elles n’ont pas réussi à s’extraire des marges de l’assemblée strasbourgeoise. Ses représentants ne prendront pas part à une éventuelle majorité.

« La soirée fut bonne, avec les succès du Rassemblement national en France, du FPÖ en Autriche, de Vox en Espagne, de Chega ! au Portugal ou encore de Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni en Italie, explique d’emblée Frank Furedi, le directeur scientifique de MCC. On sent un nouveau Zeitgeist », un esprit du temps plus conservateur sur l’Europe, juge l’intellectuel. Néanmoins, l’ultraconservateur n’a pas un mot pour Alternative pour l’Allemagne (AfD), le sulfureux parti de l’Allemand Maximilian Krah, devenu infréquentable après une série de polémiques et d’enquêtes contre certains de ses membres. Le parti allemand a pourtant réussi à devenir la deuxième force politique du pays et enverra 17 élus à Strasbourg.

« Trop divisés »

A côté des points positifs, il regrette toutefois les déconvenues du PiS de Jaroslaw Kaczynski, en Pologne, du SMER de Robert Fico en Slovaquie ou du Fidesz en Hongrie. « Ces partis n’ont pas fait aussi bien qu’ils auraient dû. Et que dire du Vlams Belang. » Malgré des sondages très favorables, l’extrême droite flamande a très peu progressé. Dans le nord de l’Europe, il estime même que « la cause est perdue. Les partis au Danemark, en Suède ou en Finlande ne sont pas encore assez matures et ne voulaient pas gagner. Ils ne se sont pas battus sur chaque vote ! »

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