Au Mexique, la popularité du président « AMLO », gage de victoire de sa candidate

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La candidate à l’élection présidentielle du parti Morena, Claudia Sheinbaum, lors du dernier débat présidentiel au Centre culturel universitaire de Tlatelolco, à Mexico, le 19 mai 2024.

Le marché de Tepoztlan dans l’Etat de Morelos, à deux heures au sud de Mexico, est toujours animé à l’heure du déjeuner. On s’attable aux comptoirs autour des cuisinières, qui font cuire les tortillas sur des plaques rondes chauffées au gaz. La conversation s’engage facilement entre les chalands, car beaucoup se connaissent depuis l’enfance dans cette ville de 50 000 habitants. Et, à une semaine de l’élection présidentielle, elle glisse vite sur le terrain politique, alors que des jeunes se faufilent entre les tables pour distribuer la propagande de Mouvement régénération nationale (Morena), le parti du président Andres Manuel Lopez Obrador (dit « AMLO »), au pouvoir depuis 2018.

David Porfirio Rivera, un maçon costaud de 38 ans, débardeur sur le dos et casquette couverte de plâtre, prend le prospectus et lance assez fort : « Le meilleur président que le Mexique ait connu. » L’homme n’est pourtant pas un militant de Morena, mais il « admire le président ». A ses côtés, ses deux collègues rigolent : « Il fait de la publicité dès qu’il peut pour AMLO. » Et, en effet, David récite d’un trait les arguments du pouvoir : « Nos salaires ont doublé, nos jours de vacances aussi, et nous n’avons jamais manqué de travail alors que l’opposition disait que l’économie allait s’effondrer si on améliorait nos conditions. AMLO a eu le courage de les affronter et de nous défendre. »

Autour de la table, on acquiesce de la tête, on sourit, on blague sur une phrase que le président vient de dire contre les patrons. Sur ces bancs, les clients qui dépensent à peine 2 euros pour se restaurer sont tous des travailleurs ou des paysans. Personne ne touche directement d’aides sociales, mais tous ont des parents âgés qui bénéficient de la « pension universelle » de 70 euros par mois, désormais inscrite dans la Constitution et indexée sur l’inflation. Elle est versée à tous les Mexicains dès 68 ans, 65 ans pour les indigènes.

« Ce n’est pas beaucoup mais cela fait une énorme différence. Avant, il fallait qu’on aide nos parents », explique la cuisinière Madinina Meza, en préparant des tortillas, et dont la fille bénéficie d’une bourse (50 euros par mois) pour étudier. « Cela paie surtout ses repas et le transport jusqu’à la faculté, mais son frère aîné n’a jamais été aidé et il a préféré travailler à 19 ans plutôt qu’étudier », regrette cette mère de famille.

Jorge Linarez, 62 ans, un apiculteur qui vend son miel au marché, précise qu’il ne touche aucune allocation et qu’il n’est pas plus riche depuis que la gauche a pris le pouvoir en 2018, mais il l’assure : « Je défends AMLO car il est proche des gens, il connaît nos difficultés. C’est le premier chef d’Etat que j’écoute car il parle de nous, les pauvres de ce pays. »

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