« Financer les actions de prévention est nécessaire pour éviter les prochaines épidémies et limiter les risques climatiques »

2487


Si l’on veut éviter une nouvelle pandémie, similaire à celle du Covid-19, il est indispensable que les modalités de financement de la recherche et du développement s’inscrivent dans une approche holistique et intersectorielle, intégrée aux objectifs de développement durable, et étroitement liée à la lutte contre le changement climatique. Sont indispensables une meilleure coordination entre les bailleurs internationaux, une flexibilité accrue dans les modalités de financement et une prise de conscience des avantages de la prévention des risques de maladies versus leur traitement en réaction.

Qu’avons-nous appris de la crise du Covid-19 ? En à peine quelques semaines, un virus d’origine animale s’est répandu à travers le monde, créant une pandémie d’une ampleur sans précédent. Un tel événement a mal – ou peu – été anticipé par les décideurs publics et sa gestion a connu quelques ratés, voire de vraies carences dans certains pays. Ses impacts sanitaires, économiques et sociaux sont en cours d’évaluation.

Le 31 mai 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé un recensement de plus de 767 millions de cas confirmés de Covid-19, dont au moins 6,9 millions de décès signalés. Au niveau mondial jusqu’en 2024, cette pandémie aurait causé une perte de production cumulée de 13,8 mille milliards de dollars. Il faudra sans doute encore plusieurs années pour croiser les bilans et connaître les conséquences chiffrées de la crise. « Saisissez-vous du présent, vous dépendrez moins de l’avenir. » Cette devise de Sénèque que l’on veut accrocher au panthéon de notre mémoire reste trop souvent parole oubliée.

Résilience des systèmes de santé

Ce que nous savons, de façon certaine, c’est que le coût de la prévention est au moins 100 fois inférieur aux pertes générées par une pandémie. Investir dans la prévention, c’est également contribuer à la résilience des systèmes de santé ; c’est, enfin, réduire le coût de la réponse aux événements infectieux de grande ampleur. Jusqu’à récemment, les stratégies de préparation aux pandémies étaient conçues essentiellement pour se préparer et réagir une fois la maladie propagée dans la population humaine. Elles n’intégraient pas la détection en amont pour éviter émergence et contagion. Cela a conduit à l’échec de l’endiguement du Covid-19 ou à l’épidémie d’Ebola (2014-2016) en Afrique de l’Ouest.

Nous savons que les grands facteurs d’émergence sont liés aux incursions humaines dans les espaces naturels. Outre leurs impacts sur la biodiversité, le changement climatique, et les équilibres des écosystèmes, les activités humaines jouent un rôle dans le cycle d’émergence des zoonoses en augmentant la probabilité de contacts entre l’homme et la faune sauvage ou les animaux domestiques d’élevage. Une prévention efficace des pandémies passe donc par une approche intégrée des santés environnementale, animale et humaine, le concept de « une seule santé ».

Il vous reste 74.88% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link