4 raisons d’aller à Wuppertal si vous aimez Pina Bausch

2385


Le Schwebebahn, le monorail suspendu de Wuppertal (Allemagne).

Née en 1940 à Solingen, ville rhénane voisine, la grande chorégraphe allemande est indissociablement liée à Wuppertal dont elle fit rayonner le nom dans le monde entier avec sa compagnie, le Tanztheater. Cette pionnière de la danse-théâtre avait fait un détour par New York et Essen, dans la Ruhr, avant de s’installer définitivement sur les bords de la Wupper, en 1973, pour créer des pièces inoubliables : Café Müller à l’intense mélancolie sur deux arias de Purcell, Nelken au sol jonché d’œillets, Vollmond où les interprètes dansent sous des trombes d’eau…

Malgré de nombreuses tournées et résidences de création à l’étranger, tout la ramenait dans cette ville fondée en 1929 par fusion des communes d’Elberfeld et de Barmen, à l’époque encore florissante de l’industrie textile. Loin de l’ébullition des mégapoles, « Pina » trouvait ici d’exceptionnelles conditions de travail en s’enfermant des heures durant au Lichtburg, un ancien cinéma devenu salle de répétition. « C’était la ville du quotidien », se souvient Dominique Mercy, l’un de ses danseurs historiques resté vivre à Wuppertal. « Au début, le ciel était gris, la ville était grise, les vieilles dames aux cheveux teints étaient grises. J’ai mis du temps à m’habituer. »

Le réalisateur Arnold Pasquier, qui prépare un documentaire sur Orphée et Eurydice, l’une des créations de la chorégraphe, confirme : « Comme beaucoup de villes d’Allemagne, Wuppertal a été bombardée et reconstruite en partie après la guerre. La première impression peut être violente, avec l’usine Bayer à l’entrée de l’agglomération. Mais il y a aussi de très jolis quartiers, comme le Luisenviertel. » En s’éloignant de la gare centrale, ce coin bobo distille, en effet, son charme avec boutiques, restaurants et cafés où l’on a envie de s’attarder.

Monorail « planant »

Avec Pina Bausch, le Schwebebahn est l’autre icône locale. Ce monorail suspendu serpente sur 13,3 kilomètres tout le long de la vallée, offrant une balade envoûtante au-dessus de la rivière (en allemand, schweben signifie planer). D’abord imaginé pour Berlin, il fut inauguré par l’empereur Guillaume II en 1900. On l’aperçoit aussi dans Alice dans les villes, de Wim Wenders, qui a réalisé un film hommage à son amie prématurément disparue (Pina, 2011). En l’empruntant comme on ferait un tour de manège, on comprend mieux la ville, avec ses anciennes fabriques de brique rouge au bord de l’eau, la maison de Friedrich Engels, grand ami de Karl Marx, dans le style régional (fenêtres blanches, volets verts et ardoise sur les murs) et les belles villas des industriels qu’on devine sur les collines. Quand on sort de la cabine, cela vacille à peine (en plus d’un siècle, à peine un accident est à déplorer).

Il vous reste 49.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link