
Pour le Prix Nobel de la paix Lech Walesa : Donald Trump est soit « un traître », soit un dirigeant « exceptionnel »
Parce qu’il peut se montrer conciliant envers le président russe, Vladimir Poutine, le président des Etats-Unis, Donald Trump, apparaît à certains comme un « traître » à la cause ukrainienne mais il pourrait aussi se révéler un dirigeant « exceptionnel » déterminé à éviter l’enfer nucléaire, a déclaré, lundi, le Prix Nobel de la paix Lech Walesa dans un entretien avec l’Agence France-Presse (AFP).
« En apparence, aujourd’hui, il semble être le valet de la Russie, un traître tout simplement. C’est une façon de voir les choses », explique le cofondateur du syndicat Solidarnosc (Solidarité) et ancien président polonais, aujourd’hui âgé de 82 ans, à la veille de la quatrième année de l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie.
Pour autant, le président américain est peut-être « un responsable politique extrêmement intelligent » qui « sait que si les Etats-Unis se joignaient au chœur anti-Poutine, Poutine n’aurait plus le choix et devrait utiliser l’arme atomique ».
Pourquoi ? « Parce que Poutine est irresponsable », assène-t-il. « C’est un jeu très rusé, très intelligent. Ne pas pousser Poutine à utiliser l’arme nucléaire, jouer l’ami ». Ce faisant, Donald Trump gagne du temps et force « l’Europe à s’organiser contre Poutine, sans les Etats-Unis. Parce que si les Etats-Unis entrent en jeu, c’est la guerre nucléaire », prédit celui dont les luttes pour la démocratisation de la Pologne ont contribué à faire tomber le rideau de fer.
« Il y a donc deux façons de voir les choses, résume Lech Walesa : traître ou homme extrêmement intelligent ». « A ce jour, je ne sais toujours pas laquelle s’applique à [Donald] Trump », ajoute-t-il.
« Nous devons aider l’Ukraine de toutes nos forces », lance Lech Walesa, qui dit nourrir « des remords » au sujet de ce pays voisin et défend ainsi son engagement d’aujourd’hui : « A l’époque où j’étais président, j’avais une idée simple : nous entrons (Pologne et Ukraine) ensemble dans l’Union européenne et dans l’OTAN », expose-t-il. Russes et Ukrainiens négocient depuis 2025 une cessation des hostilités, sous l’impulsion de Donald Trump, en vain jusqu’ici.
Pur produit politique de la guerre froide, lui qui fut un acteur de l’effondrement du monde soviétique estime qu’il faudra plus qu’une défaite de Moscou pour installer la paix : « Si on parvient à vaincre la Russie, celle-ci se relèvera dans dix ans et nos petits-enfants devront à nouveau se battre contre la Russie. »
Car l’« agressivité russe » plonge ses racines dans l’absence de démocratie dans un pays dont « les autorités, depuis des siècles, entretiennent l’idée qu’un ennemi extérieur menace la Russie ». « Le problème de la Russie ne réside ni dans Poutine ni dans Staline mais dans un mauvais système politique », conclut-il.




















