
Combien sont-ils à avoir surligné dans leur calendrier le 18 décembre 2026 ? Ce jour-là, une première audience, de procédure, est prévue à Paris, et s’annonce déjà riche en enjeux : elle visera à préparer le futur procès de Volkswagen dans le dossier du « dieselgate » qui compte a minima plus de 1 500 parties civiles, dont nombre de particuliers, mais aussi des entreprises ou encore le département de la Réunion.
Soit au final, une immense flotte de véhicules potentiellement éligibles à une indemnisation, au risque d’un engorgement. « La justice française n’est pas prévue pour gérer de tels dossiers de masse comme ça », s’inquiète l’avocat d’une des parties.
Selon l’ordonnance de renvoi en correctionnelle signée le 30 janvier par deux juges d’instruction parisienne spécialisées, dont Le Monde a eu connaissance samedi 13 février, Volkswagen est suspecté d’avoir « volontairement installé un dispositif complexe » sur ses véhicules permettant « la commercialisation d’un véhicule non conforme aux normes réglementaires européennes car ne respectant pas le seuil réglementaire d’émissions d’oxydes d’azote ».
L’affaire est partie d’une étude menée au printemps 2014 par l’Université de Virginie Occidentale (Etats-Unis) pour l’International Council on Clean Transportation (ICCT) : elle a révélé un taux jusque 40 fois supérieur à la norme autorisée en la matière. Comment ces véhicules avaient-ils pu franchir les tests d’homologation ? L’explication reposait sur un logiciel frauduleux, installé par le constructeur, permettant de détecter ces examens et de changer en conséquence le fonctionnement du moteur, lui faisant respecter de manière exceptionnelle les seuils d’émission autorisés.
Patron du constructeur allemand à l’époque, Martin Winterkorn avait présenté ses « profondes excuses ». « On a totalement “merdé” », avait admis de son côté le PDG de Volkswagen America, Michael Horn. Le constructeur avait ainsi admis publiquement avoir commercialisé 11 millions de véhicules dans le monde équipés du logiciel frauduleux, alors même que sa stratégie commerciale était de mettre en avant l’idée d’un véhicule « diesel propre ». Le groupe basculait alors dans une tourmente de plusieurs années, affrontant une avalanche de procédures dans plusieurs pays et des pénalités totales dépassant les 30 milliards d’euros, principalement aux États-Unis mais aussi en Allemagne.
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