vente de lettres de Francis Garnier au Tonkin et d’un courrier par valise diplomatique de la guerre de 1870

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Le Timbre classique organise trois ventes aux enchères – en Suisse –, deux le 2 décembre et une le 3 décembre, ainsi qu’une vente sur offres sur catalogue clôturée le 9 décembre.

Parmi les 221 lots de la première vente qui débute le 2 décembre à 10 heures, on retiendra de nombreux « clichés d’impression sur plaques de verre, utilisé par Jean de Sperati » pour réaliser ses faux timbres, en particulier de nombreux « classiques » de France, autour de 100 ou 200 euros.

Quatre maquettes à l’aquarelle de projets de timbre d’usage courant (« Marianne ») non datés se voient attribuer un prix de départ à 500 euros.

Maquettes à l’aquarelle d’un projet de timbre d’usage courant « Marianne » pour la France.

Une lettre autographe de Francis Garnier (1839-1873) à sa famille à La Varenne-Saint-Hilaire, écrite de Hanoï, où il est arrivé le 5 novembre 1873, au moment où il prépare la conquête de la ville, prise le 20 novembre, un mois avant sa mort, lettre partie de Saïgon, via Toulon, est estimée à 450 euros.

Lettre autographe de Francis Garnier (1839-1873) au départ de Saïgon le 27 novembre 1873 à sa famille à La Varenne-Saint-Hilaire, avec un cachet rouge d’entrée par Toulon le 10 janvier 1874. Donc lettre parvenue à destination après la mort de Garnier.

Suite logique, est mise à prix à 1 300 euros une lettre, avec, au verso la mention manuscrite « Corps expéditionnaire au Tonkin » et cachet rouge « Mission Française/Hanoï », chargée de rapatrier le corps de Francis Garnier, lettre affranchie au Tonkin d’un 25 centimes « Cérès », cachet à date en transit « Corr d’Armées/Saigon » du 11 mai 1875, plus une taxe (pour le 25 centimes non valide), barrée, et timbre oblitéré par l’ambulant Marseille à Lyon Spécial (MLS). « Grande rareté. »

Prix de départ à 1 300 euros pour cette lettre affranchie au Tonkin d’un 25 centimes « Cérès », cachet à date en transit « Corr d’Armées/Saigon » du 11 mai 1875, plus une taxe (pour le 25 centimes non valide), barrée, et timbre oblitéré par l’ambulant Marseille à Lyon Spécial (MLS).
Verso de la lettre avec la mention manuscrite « Correspondance militaire. Corps expéditionnaire au Tonkin » et cachet rouge « Mission Française/Hanoï ».

Seconde vente aux enchères, le 2 décembre, à partir de 14 heures : plus de 350 références – que des collections, pas de timbres à la pièce – sont au programme, avec pour commencer des classeurs de marques postales départementales, de Charente-Maritime (1720-1875) estimée de 1 500 à 3 000 euros, du Tarn, de la Somme, d’Indre-et-Loire, de Besançon, d’Aveyron, etc., qui concurrencent de nombreuses collections en albums de timbres de France, dont un ensemble quasi complet du numéro un (1849) jusqu’à l’année 2021, avec un album de variétés, estimé de 20 000 à 30 000 euros.

Suivent les ex-colonies françaises et du monde entier.

Pour une collection « complète » des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) jusqu’à 2015 « avec toutes les bonnes valeurs accompagnées de nombreuses collections de pays ayant des liens avec l’Antarctique comme les Falkland, le British Antarctic Territory (…), et nous ajoutons des collections de la Nouvelle-Calédonie, Polynésie (…), de nombreuses feuilles et morceaux de feuilles ainsi que quelques milliers de lettres avec cachets commémoratifs », comptez de 1 200 à 2000 euros… tandis qu’une collection de 16 albums et 10 boîtes avec plusieurs milliers de lettres du Marion-Dufresne (1973-2019) est estimée de 1 500 à 3 000 euros.

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La vente aux enchères Le Timbre classique du 3 décembre, organisée en Suisse, porte sur l’Allemagne, Campione d’Italia, la poste aérienne helvétique, la Suisse classique, dont un « Double de Genève », frais de couleur, oblitéré de la rosette genevoise sur petit fragment portant l’oblitération de départ de Genève du 14 avril 1844, à 7 000 francs suisses.

On termine avec la vente sur offres (une vente aux enchères par correspondance ou par Internet) du Timbre classique du 9 décembre, comptant 2 783 lots au catalogue.

Au-delà de l’incontournable sélection d’une douzaine de 1 franc vermillon, oblitérés, détachés ou sur lettres (comptez de 1 760 euros à 10 000 euros, selon l’état), quelques pièces permettent de sortir d’une certaine routine, tel ce document à en-tête « Le Président de la République » pour la nomination d’un chevalier de la Légion d’honneur avec les signatures autographes « LN Bonaparte » (Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III) et du général Jacques-Louis Randon (ministre de la guerre), au prix de départ de 150 euros.

Une belle section de marques postales classées par départements précède une trentaine de lots du duché de Savoie et du comté de Nice dans une fourchette de prix allant de 100 à 3 000 euros, selon l’origine.

Parmi les ballons montés de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, un pli accidenté du Jacquard daté de Paris le 28 novembre 1870 pour la Drôme, qui fit… naufrage au sud de l’Angleterre, démarre à 2 000 euros. La lettre, dont le timbre est décollé du fait de son immersion, fut récupérée au cap Lizard, ce dont témoigne au verso un cachet anglais de Falmouth, du 3 décembre 1870, la lettre finissant par arriver à destination, à Montélimar, le 11 décembre.

La capitale assiégée vaut à du courrier d’emprunter les services de la valise diplomatique, comme en témoigne ce pli daté de Paris du 29 octobre 1870 pour la province, sorti par la valise diplomatique de l’ambassadeur américain Elihu B. Washburne (1816-1887). La lettre est ensuite « postée à Londres pour Les Ormes (Vienne) avec cachet d’entrée en France du 8 novembre (…) et deux cachets d’arrivée des 9 et 10 novembre 1870 ». Une lettre historique « rarissime » qui justifie son prix de départ de 8 000 euros.

Pour les timbres modernes, on retrouve des variétés d’impression (« Paquebot Pasteur » émis en 1941, sans sa surcharge rouge, à 32 000 euros), les classiques non émis 10 francs « La Rochelle » outremer vif (10 000 euros), 1,50 franc bleu-vert paquebot « Normandie » (16 000 euros), 2 francs ardoise « Rivière bretonne » (4 000 euros), 15 francs outremer et bleu clair « Marianne » de Muller et le même bleu clair omis, à 3 000 euros…

Projets de timbres d’usage courant non émis.

L’histoire postale, ce sont aussi des projets de timbres d’usage courant non émis… Les « Marianne » auxquelles nous avons échappé, parfois dont le graphisme est le reflet d’une époque…

Epreuve d’un  projet de timbre d’usage courant non émis, avec légende pour le dessinateur Alex Sandier et le graveur Louis Marcadier.

A tous les prix, parfois anonymes, parfois légendés (Alex Sandier, Louis Marcadier), parfois signés, par Pierre Munier, Eugène Lacaque. Un essai en noir à 15 francs d’une très fine Marianne dessinée par Alex Jorio pour le concours de 1954 afin de remplacer la « Marianne » de Gandon pointe à 80 petits euros.

Marianne dessinée par Alex Jorio pour le concours de dessin de timbre-poste de 1954 afin de remplacer la « Marianne » de Gandon, 80 euros.

Le Timbre classique est toujours bien présent sur le créneau de l’aérophilatélie.

Pour 40 euros, il est possible de décrocher une carte postale « Monoplan Blériot, piloté par Garros » avec signature au crayon de Jules Védrines et cachet rouge « Comité d’aviation de l’exposition internationale Roubaix » (1911).

Une enveloppe timbrée au Sénégal, oblitérée à Dakar le 29 décembre 1925, sur enveloppe rouge Latécoère recommandée, avec griffe noire sur 5 lignes « Premier voyage/ d’essai/ de liaison postale rapide/ Ch. de fer-AVION-Auto/ DAKAR ZINDER » est à partir de 50 euros.

Pour les amateurs de signatures manuscrites autographes :

–  Cachet à date « Poste aérienne France Indochine » (19 février 1929) sur lettre de Paris pour Hanoï adressée à Paul Codos (« pilote de l’équipage du Dragon d’Annam »), avec cachet noir déesse assise « Port aérien du Bourget Dugny », grande griffe violette « Raid interrompu par accident retour à l’envoyeur » et signatures de Costes, Bellonte et Codos, 400 euros ;

Lettre de Paris pour Hanoï, cachet à date « Poste aérienne France Indochine » du 19 février 1929, adressée à Paul Codos (« pilote de l’équipage du Dragon d’Annam »), avec cachet noir déesse assise « Port aérien du Bourget Dugny », griffe violette « Raid interrompu par accident retour à l’envoyeur » et signatures de Costes, Bellonte et Codos, 400 euros.

– Coupe des mines de Béthune (ballon sphérique L’Aube), 18 août 1930, lettre affranchie avec un timbre belge pour Les Noës, en France, cachet d’arrivée à Troyes le 19 août au verso, avec signatures de l’aéronaute Léon Darsonval et du commissaire sportif Claude Delesalle, 80 euros ;

– pli posté à Santiago du Chili en juillet 1929 pour Buenos Aires, avec cachet rectangulaire violet « Premier courrier aérien Chili Argentine » et signature de Mermoz, 1 200 euros.

Pour les timbres du reste du monde, on retrouve pour la poste consulaire de Jérusalem, les numéros un de poste et de poste aérienne (vendus en paire neuve par La Postale philatélie, vente du 16 décembre, à 6 500 euros) sur une enveloppe du consulat général de France au départ de Jérusalem le 15 mai 1948 pour la France à 3 500 euros.

A la rubrique des Terres australes et antarctiques françaises, deux plis « Delore », avec cachet violet type 2 « République française résidence de France – îles Kerguelen », sont mis à prix chacun à 300 euros, le premier avec un 10 centimes rouge « Semeuse », le second un 2 francs « Merson ».

1 500 euros sont attendus pour cette lettre recommandée du corps expéditionnaire de Chine pour la France, à destination de Poissy, avec un affranchissement mixte bureau français en Chine-Chine, oblitération de Tientsin du 6 juillet 1901 et de Shanghaï du 11 juillet 1901.

A la rubrique Chine, enfin, la vente se termine sur une belle enveloppe à destination de Poissy, bénéficiant d’un affranchissement mixte bureau français en Chine-Chine, enveloppe recommandée du corps expéditionnaire de Chine pour la France, oblitération de Tientsin du 6 juillet 1901 et de Shanghaï du 11 juillet 1901 avec un cachet d’arrivée au verso, pour un prix de départ de 1 500 euros.

Un rare « préo » de Monaco chez JF-Brun

Les experts parisiens Jean-François Brun et Benoît Chandanson (JF-B Philatélie) proposent régulièrement des lots à prix nets.

Parmi les pièces mises en vente dernièrement, un préoblitéré de Monaco paru en 1960, à 0,08 franc lilas-rose, sans gomme (car utilisé), avec variété de surcharge renversée, est à 2 000 euros (pour une cote de 10 000 euros), proposé à 3 500 euros par Le Timbre classique dans sa vente du 9 décembre.

Monaco, 1960, 0,08 franc lilas-rose, avec variété de surcharge renversée, 2 000 euros.

De France, une paire de 2 francs orange et vert-bleu au type « Merson », avec une variété de piquage, non dentelé tenant à dentelé, en coin de feuille, neuf, gomme d’origine intacte, est proposée à 650 euros.

Un feuillet « Marianne » de Cheffer signé par Yves Guéna chez Calves

Son concurrent, la maison d’expertise Calves, met en vente des timbres rares.

Bloc-feuillet commémoratif « Marianne » de Cheffer (1967) signé par Yves Guéna, le ministre des postes et télécommunications de l’époque, 1 200 euros.

On notera, par exemple, un feuillet commémoratif « Marianne » de Cheffer (1967) signé par Yves Guéna, le ministre des postes et télécommunications de l’époque, à 1 200 euros. Un 10 centimes bistre Napoléon III dentelé non lauré, neuf, est à 695 euros (on le trouve à 800 euros chez La Postale philatélie), tandis qu’un bloc de quatre du 20 centimes noir sur blanc « Cérès » est à 975 euros.

La vente aux enchères organisée en Belgique par David Delhaye le 29 novembre disperse 1 655 lots avec une forte dominante relative à l’histoire postale belge : « classiques », entiers postaux et timbres-taxes, le matin ; Congo belge, reste du monde et cartes postales, l’après-midi.

La série « Francisque » à 1 000 euros

Un ensemble monté sur feuilles d’exposition consacré au roi Albert Ier en casquette (genèse des cartes postales illustrées de 1930) retiendra l’attention des amateurs, comprenant projets non adoptés, tirages d’essais à 35 centimes en héliogravure, etc., à 10 000 euros.

Pour la France, une épreuve de luxe du 25 centimes rouge, mais ici en bleu, « VIIIe Olympiade Paris 1924 » est mise à prix à 450 euros, tandis qu’une épreuve du non émis « Arènes de Nîmes », 50 centimes, en rouge, est à 250 euros. La série de timbres de service « Francisque », de 1943 (15 valeurs), est à 1 000 euros.

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A noter quelques marques d’armée sur des lettres avec correspondance, comme ce pli daté de Nice, le 20 prairial an II (8 juin 1794), griffe en noir « Armée d’Italie » vert Montpellier, plus marque de port « 10 », à partir de 60 euros, ou encore cette lettre datée de Fougères le 23 nivôse an IV (13 janvier 1796) de l’armée des Côtes-du-Nord vers le ministre de la guerre, à Paris, griffe en noir « Arm. Des C. tes de Brest », à 100 euros.

Une curiosité, à la rubrique « Turquie », un ensemble daté de 1942-1943, présenté comme des « Séries offertes gracieusement à Robert Gillon président du Sénat de Belgique par le vice-amiral Muselier commandant en chef les Forces navales françaises libres en 1941 », constitué d’une quarantaine de timbres anciens neufs ou oblitérés entre 1865 et 1890, est au prix de départ de 900 euros.

L’actualité de La Poste

Comme on le sait, tous les timbres qui ont pris de la valeur ont un jour été vendus à La Poste… Un mot donc pour évoquer le nouveau feuillet de timbres diffusé du 6 au 8 novembre par La Poste de Saint-Pierre-et-Miquelon durant le Salon philatélique d’automne, à l’Espace Champerret, à Paris. Son tirage restreint fixé à 200 exemplaires pouvait laisser penser qu’il allait être rapidement épuisé à la vente et spéculé. Et, en effet, quinze jours après le Salon, ce feuillet, vendu au prix de sa valeur faciale d’un montant de 200 euros, est disponible sur les sites spécialisés eBay ou Delcampe entre 300 et 420 euros…

NFTimbre 5.2, création de Gwen Keraval. Offset. Tirage : 7 500 exemplaires.

De la même manière, la dernière série de timbres NFT, en vente le 16 septembre à l’initiative de La Poste, est constituée de quatre blocs « Coq » créés par Gwen Keraval, d’une valeur de 8 euros pièce, tirés à 7 500 exemplaires chacun (dont 3 000 séries dans un pack spécial vendu 32 euros tiré à 3 000 exemplaires). Ils sont à l’heure actuelle épuisés et se retrouvent sur les sites spécialisés à environ 20 euros pour un bloc seul, et de 80 à 120 euros pour le pack de quatre… Un bon placement à court terme.

Le Timbre classique, 4, rue Drouot, Paris 9e. Ouvert du lundi au vendredi, de 9 heures 30 à 17 heures. Courriel : contact@letimbreclassique.com. Tél. : 01-42-46-63-72. Ventes aux enchères les 2 et 3 décembre, Hôtel Everness, Les Champs blancs 70b, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse. Vente sur offres sur catalogue, clôturée le 9 décembre.

JF-B Philatélie, 10, rue de Châteaudun, Paris 9e (Tél. : 01-42-61-48-88).

Maison Calves, 8, rue Drouot, Paris 9e (Tél. : 01-45-23-41-83. Courriel : contact@timbres-experts.com).

David Delhaye, 196-200, Chaussée de Lille, 7700 Mouscron, Belgique (courriel : ddsprl@hotmail.com). Vente aux enchères le 29 novembre.

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