
Depuis mi-décembre, il n’y a plus eu de manifestation de la GenZ 212, le mouvement de protestation de la jeunesse marocaine né à l’automne de 2025. Mais les autorités du royaume n’ont pas pour autant freiné leurs ardeurs répressives. Cette politique de mise au pas a fait une nouvelle victime jeudi 12 février : Zineb Kharroubi, arrêtée en milieu d’après-midi dès son arrivée à l’aéroport international de Marrakech-Ménara, alors qu’elle se rendait au Maroc pour des raisons familiales.
Cette Marocaine de 28 ans, figure du mouvement de la GenZ 212 constitué par la diaspora marocaine de France, a d’abord été transférée dans la soirée vers les locaux de la police judiciaire de Casablanca avant d’être présentée devant le procureur du roi au tribunal de Casablanca vendredi 13 février en début d’après-midi. Le représentant de l’Etat lui a annoncé qu’elle était poursuivie pour « incitation à participer à une manifestation non autorisée à travers les publications qu’elle a postées sur les réseaux sociaux ».
A l’issue de cette première audience, la jeune femme a été remise en liberté dans l’attente de sa prochaine convocation devant le tribunal, le 26 février. Plusieurs avocats de Marrakech et de Casablanca sont mobilisés sur son affaire. Néanmoins, ils ont été empêchés de l’assister vendredi car les membres de la profession sont en grève depuis plusieurs semaines. « Si aucun avocat ne casse sa grève, elle devra continuer à répondre devant le procureur sans assistance juridique », souligne un membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).
Avec d’autres étudiants et jeunes actifs issus de la diaspora marocaine, Zineb Kharroubi a contribué à la création d’une antenne du collectif GenZ 212 en France, qui se veut « l’écho de la voix de cette jeunesse », revendiquant, depuis l’autre rive de la Méditerranée, un meilleur accès à l’éducation, au système de santé, au marché du travail et une lutte plus profonde contre la corruption, confiait-elle fin octobre 2025 au Monde.
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