Soupçonné d’être l’auteur d’un double assassinat, le suspect décède en chutant du troisième étage de l’hôpital Cochin à Paris

4165


Interpellé à Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 16 mai, Mohamed Benabdelouahed, 49 ans, n’aura pas passé deux mois derrière les barreaux de la prison de la Santé, dans le 14arrondissement de Paris. Suspecté d’être l’auteur d’un double assassinat à Sevran (Seine-Saint-Denis), cet homme au lourd casier judiciaire, déjà condamné pour homicide en 2007, est mort dans la nuit de mercredi 10 juillet en chutant du troisième étage de l’hôpital Cochin, où il avait été admis peu auparavant. Pour le moment, les circonstances de sa chute sont inconnues, comme la raison pour laquelle il avait été admis dans une cellule hospitalière. « Je l’avais vu il y a quinze jours pour préparer sa défense, explique MDenis Giraud, son conseil. Je sais qu’il avait des problèmes cardiaques, mais, à ce stade, la famille n’a pas reçu d’explication sur les circonstances de son admission à l’hôpital ni celles de sa mort. »

L’homme était fortement soupçonné d’avoir participé à un double assassinat commis le 5 mai dans les environs de la cité Basse, à Sevran, et à une tentative d’homicide perpétrée fin 2023 en Seine-Saint-Denis, un département qui connaît une recrudescence des homicides et des tentatives d’homicide depuis plusieurs mois, la plupart du temps sur fond de prise de contrôle du trafic de stupéfiants.

Le 16 mai, un homme de 38 ans, considéré comme le parrain du trafic de stupéfiants dans le quartier grenoblois du Mistral au cours des années 2010, avait été abattu de trois balles dans le thorax et la tête par un commando circulant à bord d’une voiture, à Dugny (Seine-Saint-Denis).

Salves de fusil d’assaut

Le même jour, un corps en putréfaction avait été découvert immergé dans le canal de l’Ourcq, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), celui d’un jeune homme de 19 ans dont la disparition avait été signalée une dizaine de jours auparavant. La victime était originaire de la cité du Chemin-Vert, dans la même ville, une place forte du trafic de stupéfiants dans le département au nord de Paris, qui avait été le théâtre, le 5 mai, d’une scène captée par le téléphone portable d’un habitant : une dizaine de personnes avaient surgi d’un utilitaire blanc pour y tirer des salves de fusil d’assaut et jeter une grenade, sans faire de victime, cette fois.

Depuis plus d’un an, la direction de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris s’inquiète d’un regain de tension au sein des réseaux de trafic de stupéfiants dans le département de Seine-Saint-Denis, le plus criminogène de métropole. Dans une note extrêmement détaillée dont Le Monde a pu prendre connaissance, les enquêteurs observaient les effets de cette « multiplication des réseaux du narco-banditisme qui tend à progresser en agglomération parisienne, en concomitance avec l’essor des équipes indépendantes qui viennent s’ajouter à la cartographie des clans installés ». « Certaines factions sont devenues avec le temps – et les profits engrangés – des réseaux annexes qui ambitionnent une mainmise sur le territoire. Les règlements de comptes peuvent ainsi intervenir entre bandes rivales, mais également entre membres d’un même réseau pour accaparer la direction du trafic », poursuivait-elle.



Source link