
« Votre situation est particulière. Vous êtes prévenu et vous êtes également victime… », dit la présidente au quinquagénaire tendu, tout de noir vêtu, qui se tient à la barre du tribunal correctionnel de Soissons (Aisne), mardi 3 mars.
Il y a sept ans, le 16 novembre 2019, Christophe Ellul a découvert le corps partiellement déchiqueté de sa compagne dans la forêt de Retz, près de Villers-Cotterêts, en contrebas d’un chemin de randonnée. Une dizaine de morsures au cou, neuf au bras gauche, dix-neuf au bras droit. Manquaient le scalp et la cuisse droite. Elisa Pilarski avait 29 ans, elle était enceinte de six mois d’un garçon dont ils avaient déjà choisi le prénom, Enzo. A côté d’elle, il y avait Curtis, le chien de Christophe Ellul. Son maître comparaît pour homicide involontaire aggravé, un délit punissable de dix ans d’emprisonnement. « Je veux savoir la vérité. Si Curtis est coupable, piquez-le. Mais mettez-moi les preuves sur la table », a déclaré le prévenu en ouverture de son interrogatoire.
Christophe Ellul a perdu sa compagne et son fils à naître, mais lutte depuis sept ans contre l’idée que son chien est leur seul meurtrier. Car ce samedi 16 novembre, à quelques centaines de mètres du lieu où gisait le corps d’Elisa Pilarksi, une meute de vingt-et-un chiens était lancée dans une chasse à courre. Parmi les hôtes invités à découvrir le plaisir de la vénerie, après bénédiction de l’équipage par le curé et buffet de cochonnailles offert sur le parvis de l’église, se trouvait le patron des gendarmes de l’Aisne.
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