
Plus de 175 journalistes ukrainiens et étrangers ont été victimes d’exactions depuis le début de la guerre en Ukraine
Plus de 175 journalistes ont été victimes d’exactions commises par l’armée russe en Ukraine depuis le début de l’invasion à grande échelle, le 24 février 2022, a annoncé lundi Reporters sans frontières (RSF).
Seize reporters ont été tués par les forces russes depuis 2022 « parce qu’ils étaient journalistes », dont 15 sur le sol ukrainien et une – Victoria Roshchyna – pendant une détention arbitraire en Russie, selon un bilan publié par l’ONG. Moscou n’a toujours pas révélé les circonstances de sa mort.
En 2025, trois journalistes ont péri, ciblés par des drones First Person View (FPV) russes : le photojournaliste français Antoni Lallican, tué le 3 octobre à Komychouvakha, et les Ukrainiens Aliona Gramova et Evguen Karmazine, de la chaîne Freedom, tués vingt jours plus tard à Kramatorsk. Au moins 53 journalistes ukrainiens et étrangers ont été blessés lors de reportages, les attaques de drones FPV russes étant devenues « la première menace » en 2025, selon RSF.
Vingt-six journalistes ukrainiens sont actuellement détenus par le Kremlin, en Russie ou dans les territoires occupés, où ils subissent des « sévices physiques et psychologiques ». Trois reporters ont été libérés en 2025.
L’ONG pointe également des attaques contre des infrastructures médiatiques, avec 25 tours de télévision ou de radiodiffusion visées depuis 2022. Depuis 2022, 333 médias ukrainiens ont cessé leur activité, fragilisés par l’effondrement du marché publicitaire et l’arrêt de l’aide américaine USAID. Pour soutenir le secteur, RSF a lancé en 2025 le Fonds international pour la reconstruction des médias ukrainiens, en partenariat avec huit organisations locales.
RSF a déposé dix plaintes auprès de la Cour pénale internationale et du parquet ukrainien, ainsi que deux en France, contre la Russie pour crimes de guerre contre les journalistes.
Côté russe, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, « 15 journalistes russes ont été tués en zone de combat, et beaucoup d’autres ont été blessés ou mutilés », écrivait le média russe Lenta.



















