Pourquoi l’Ethiopie et l’Erythrée sont à nouveau au bord de la guerre

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Un char de l’armée érythréenne abandonné au sud-ouest de Makalé, dans la région du Tigré (Ethiopie), le 20 juin 2021.

Trois ans après un conflit qui a fait près de 600 000 victimes au Tigré, dans le nord de l’Ethiopie, la région rebelle, le gouvernement d’Addis-Abeba et l’Erythrée sont à nouveau au bord de la guerre. En janvier, des drones de l’armée fédérale éthiopienne ont visé des positions des forces tigréennes. Depuis, Addis-Abeba a mobilisé troupes et artillerie aux abords de la province. Les liaisons aériennes vers le Tigré ont été temporairement suspendues en début d’année et plusieurs journalistes de médias internationaux ont été arrêtés et empêchés de se rendre sur place.

Début février, Addis-Abeba a également sommé l’Erythrée de « retirer immédiatement ses troupes du territoire éthiopien et de cesser toute forme de collaboration avec les groupes rebelles ». Asmara, qui avait combattu aux côtés de l’armée fédérale éthiopienne pendant la guerre au Tigré, de 2020 à 2022, s’est en effet rapproché récemment des insurgés tigréens, au prix d’un spectaculaire revirement d’alliance.

Une rivalité historique qui se cristallise autour du Tigré

La relation entre Addis-Abeba et Asmara n’a cessé d’osciller depuis la fin de la seconde guerre mondiale, entre rivalité froide et guerre ouverte. En 1960, après la période de la colonisation italienne, l’Erythrée a été annexée par l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier. Une mainmise qui s’est durcie sous le pouvoir du Derg, la junte éthiopienne dirigée par Mengistu Hailé Mariam, surnommé le « Négus rouge », qui a renversé le souverain en 1974.

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