pourquoi les non-buveurs d’alcool passent pour des rabat-joie

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Assis à la terrasse d’un bar parisien, Maël, 23 ans (il a, comme d’autres interlocuteurs désignés par leur seul prénom, requis l’anonymat), tient sa tasse de chocolat chaud dans les mains. Il est 18 h 30 et, tandis que ses camarades de tablée ont chacun commandé une bière, lui préfère éviter l’alcool. L’étudiant ne participe pourtant pas au Dry January, ou Défi de janvier, cette campagne de santé publique incitant à arrêter la boisson pendant le premier mois de l’année. Son choix est plus durable : « Je n’aime pas le goût », justifie Maël.

Son refus de l’alcool ne passe pas inaperçu auprès de son cercle d’amis, étudiants eux aussi. « A chaque fois que je ne bois pas, ils me vannent. Donc, je me sens, le plus souvent, obligé de prendre un verre », raconte-t-il. Dans ce cas, il opte pour un cocktail. Comme de nombreux abstinents en France, Maël devient, en soirée, la cible de remarques de la part des buveurs. « C’est un peu chiant d’aller au bar avec quelqu’un qui ne boit pas, parce qu’on a l’impression qu’il va s’ennuyer », déclare un de ses camarades.

Fervent pratiquant de course à pied, l’étudiant boit peu. Si sa pratique sportive s’accommode bien de sa sobriété, cette dernière a un impact sur ses relations. Pour ne pas se sentir obligé d’ingurgiter de l’alcool, il lui arrive de refuser des soirées. « J’ai peur de rater quelque chose de cool, mais je me dis aussi que c’est pour la bonne cause. Le lendemain, je suis content, raconte-t-il avec un sourire timide. Les rares fois où j’ai accepté, j’ai culpabilisé, car je devais annuler mon entraînement du lendemain. »

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