pour les jeunes hommes la difficulté à se défaire des fantasmes de la culture du viol

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D’aussi loin qu’il se souvienne, la consommation de pornographie a toujours fait partie de la vie sexuelle d’Erwan, 27 ans, consultant en finance. Si elle n’avait jusqu’ici suscité aucune culpabilité chez lui, la nature de ses désirs fait aujourd’hui l’objet d’une remise en question douloureuse. « Quand je suis excité devant des vidéos brutales dans lesquelles t’as juste une meuf avec trois mecs ou plus… Je me demande pourquoi je vais chercher du plaisir là-dedans, et pire, pourquoi j’en trouve. A la fin, tu te sens sale et t’as l’impression de te trahir un peu », débite-t-il, le regard grave, dans un café du 20e arrondissement de Paris. Ces derniers mois, sa culpabilité est exacerbée par un nouveau réflexe : il se renseigne sur l’année de naissance des actrices. « Quand j’ai vu que l’une était née en 2007, je me suis dit : “Merde, j’ai dix ans de plus qu’elle, qu’est-ce que je suis en train de regarder ?” »

A l’image d’Erwan, de plus en plus de jeunes hommes expriment un malaise lié aux images qui les font jouir. Sur le fil de discussion SexualitéFR du forum Reddit, les titres des échanges sous pseudo sont éloquents : « Je ne consomme plus que du porno (vraiment) hardcore et je commence à culpabiliser et flipper un peu » ; « Comment bander sur une fille hors porno ? » ; « Je pense que le porno m’a bousillé le cerveau ». Chaque mois, en France, on compte environ 19 millions de visiteurs sur les sites pornographiques, dont 2,3 millions de mineurs. Parmi les mots-clés recherchés, on trouve « surprise », « défoncer », « étranglement » ou même « torture », dans des vidéos qui cumulent des millions de vues. Mari dominant, patron manipulateur, chauffeur de taxi insistant… 80 % des films pornographiques mainstream sont réalisés par des hommes, qui établissent donc ce qui est jugé désirable et excitant.

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