
Le ministère de la santé de la bande de Gaza, sous l’autorité du Hamas, a annoncé, samedi 29 novembre, que plus de 70 100 personnes avaient été tuées dans le territoire palestinien depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste en Israël le 7 octobre 2023. Ce ministère, qui ne fait pas de distinction entre civils et combattants, est composé de professionnels de la santé et tient des registres détaillés généralement considérés comme fiables par la communauté internationale.
Ce nouveau bilan intervient un mois et demi après l’entrée en vigueur d’un fragile cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis, le 10 octobre. Depuis cette date, 354 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, selon le ministère de la santé de la bande de Gaza. Le bilan continue de s’alourdir car Israël poursuit ses frappes, en réponse à ce qu’il qualifie de violations de la trêve, et des corps datant du début du conflit sont retrouvés dans les décombres.
Samedi, le Hamas a de nouveau exhorté les médiateurs à faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à ce qu’il qualifie de violations du cessez-le-feu. Le plan américain définissant l’avenir de la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, n’en est qu’à ses débuts. Visant à sécuriser et à administrer le territoire, il autorise le déploiement d’une force internationale de stabilisation, approuve la création d’une autorité de transition placée sous la supervision du président américain, Donald Trump, et envisage la possibilité d’un Etat palestinien indépendant.
L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1 221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse à partir de chiffres officiels. Au total, 251 personnes avaient été enlevées durant l’attaque du Hamas et emmenées à Gaza.
Dans le cadre du cessez-le-feu, le Hamas a libéré les 20 otages vivants qu’il retenait encore et rendu les dépouilles de 26 otages morts en captivité, sur 28. En échange, Israël a libéré près de 2 000 prisonniers palestiniens détenus et rendu les corps de centaines de Palestiniens morts.
L’armée israélienne sur plusieurs fronts
Ces dernières semaines, les forces israéliennes ont progressé sur plusieurs autres fronts dans la région. Des responsables syriens ont déclaré que les forces israéliennes avaient mené un raid contre un village syrien vendredi et ouvert le feu lorsqu’elles ont été confrontées à des habitants, tuant au moins 13 personnes. Israël a affirmé avoir mené cette opération pour appréhender des suspects appartenant à un groupe militant qui planifiait des attentats en Israël, et que les militants avaient riposté en tirant sur les soldats, blessant six d’entre eux.
L’Etat hébreu a également intensifié ses frappes au Liban, affirmant cibler des sites du Hezbollah et soutenant que le mouvement chiite tente de se réarmer. A l’occasion de la première visite à l’étranger de Léon XIV dans la région, le parti-milice a exhorté le pape à « rejeter l’injustice et l’agression », en référence aux frappes israéliennes quasi quotidiennes, malgré le cessez-le-feu qui a mis fin à quatorze mois de guerre entre les deux camps il y a un an.
En Cisjordanie occupée, des Palestiniens ont accusé des soldats israéliens d’avoir exécuté deux hommes jeudi, après la diffusion par deux chaînes de télévision arabes d’images montrant des soldats abattant les deux hommes qui semblaient s’être rendus. L’armée israélienne a annoncé l’ouverture d’une enquête alors que les violences perpétrées par les colons israéliens continuent de s’intensifier en Cisjordanie. Samedi, le Croissant-Rouge palestinien a fait savoir que dix Palestiniens avaient été blessés par des coups et des tirs à balles réelles lors d’attaques menées par des colons dans le village de Khallet Al-Louza, près de Bethléem.


















