Pierre Goldman en captif passionné

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Pierre Goldman et Christiane Succab-Goldman dansant, en 1976, quelque temps après la sortie de prison de Pierre Goldman.

« Lettres à K. », de Pierre Goldman, édité par Christiane Succab-Goldman, Séguier, 516 p., 25 €, numérique 17 €.

Voici quelques années que la mémoire de Pierre Goldman (1944-1979), figure radicale des années 1970 rattrapée par un destin tragique, se réveille comme d’un long sommeil. Fils d’un héros de la résistance communiste, juif ashkénaze à la mémoire vive, antifasciste enragé, militant d’extrême gauche bientôt désillusionné, braqueur aux côtés de la pègre guadeloupéenne, il fut accusé, en 1970, du hold-up d’une pharmacie boulevard Richard-Lenoir, à Paris, et de l’assassinat des deux femmes qui y travaillaient. Ce que nia Goldman, qui écrivit en prison un mémoire en défense qui s’avère une manière de chef-d’œuvre de la littérature française (Souvenirs obscurs d’un juif polonais en France, Seuil, 1975).

Un premier procès le condamne à la perpétuité en 1974. Le second, sur les bases de l’absence de preuves et de témoignages contradictoires, l’acquitte en 1976, peu de temps après qu’il a épousé Christiane Succab, à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 17 août. Il mourra assassiné sur un trottoir parisien, vraisemblablement du fait d’un commando d’extrême droite, le 20 septembre 1979. Six jours plus tard, Christiane accouche de leur fils, orphelin avant que de naître, Manuel.

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