
Sur la place du marché ou sur une dalle en béton, dans un parc, au coin de la rue, peu importe pour Nourdine Bara. A Montpellier, dans le centre ou dans le quartier populaire de la Mosson, cet homme qui cherche à rétablir le dialogue entre citoyens cible ces endroits de passage où tous se croisent sans vraiment se rencontrer. Né dans une famille populaire à la Mosson, Nourdine Bara a décidé de rester dans ce lieu où il a grandi et de poursuivre cet engagement, malgré l’énergie que cela lui demande : « Cela m’effraie de voir le fossé s’agrandir entre la vie dans le centre et une autre dans les cités. Cette distance produit les pires malentendus, on glisse tous ensemble dangereusement d’un esprit de méfiance vers un esprit de défiance. Chaque agora donne à voir combien nos plus irrationnels ressentiments ne résistent pas à l’épreuve de la rencontre. »
Ici, devant le marché de la Mosson, dans un exercice collectif pas si simple, afin de permettre à tous ceux qui le souhaitent de mettre des mots sur la mort du jeune Aymen, tué dans ce quartier en marge d’un match de foot lors de la dernière Coupe du monde. Ou là, au pied des tours, à l’été 2024, entre deux soirs d’émeute urbaine, pour inviter les enfants à raconter publiquement leurs lectures d’été, petite respiration pour eux qui vivaient chaque matin l’effroi de traverser une cité devenue théâtre de guerre.
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