
Le procureur général du Venezuela a déclaré, jeudi 20 novembre, à l’Agence France-Presse (AFP) que la lauréate du prix Nobel de la paix et dirigeante de l’opposition Maria Corina Machado serait considérée comme « fugitive » si elle quittait le pays pour recevoir son prix. Mme Machado, qui affirme se trouver au Venezuela dans la clandestinité, a déclaré son intention de se rendre à Oslo en Norvège pour recevoir le prix Nobel, le 10 décembre.
« En étant hors du Venezuela et faisant l’objet de nombreuses enquêtes pénales, elle sera considérée comme fugitive », a déclaré le procureur général Tarek William Saab, précisant que Mme Machado était accusée par la justice du pays d’« actes de conspiration, d’incitation à la haine et de terrorisme ». Il a également précisé que « plus de 100 mercenaires », de « plus de 30 nationalités » différentes et « liés à la CIA », étaient poursuivis par le ministère public vénézuélien.
Tensions croissantes autour de la reconnaissance du scrutin de 2024
Le ministre des affaires étrangères vénézuélien, Yvan Gil, avait annoncé à la fin d’octobre que Caracas avait démantelé une « cellule criminelle » liée à la CIA, qui aurait cherché à attaquer le navire américain USS Gravely amarré à Trinité-et-Tobago dans le but d’incriminer le Venezuela.
Washington a mobilisé une flotte incluant le plus grand porte-avions du monde dans les Caraïbes et le Pacifique, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue, un déploiement que Nicolas Maduro considère comme une opération visant à « imposer un changement de régime » à Caracas.
Donald Trump a déclaré lundi qu’il parlerait « à un moment donné » à son homologue vénézuélien, lequel s’est dit prêt à échanger « en tête à tête » avec le président américain.
Maria Corina Machado, 58 ans et cheffe de l’opposition vénézuélienne, affirme que Nicolas Maduro a volé l’élection de juillet 2024 qui lui a accordé un troisième mandat de six ans. Les Etats-Unis et une grande partie de la communauté internationale n’ont pas non plus reconnu ce résultat.
Lors d’un entretien par visioconférence avec l’AFP à la mi-octobre, Mme Machado s’était dite convaincue que le président Maduro « quittera[it] le pouvoir avec ou sans négociations ».


















