« L’issue de ce conflit est encore loin d’être évidente »

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« Dents de dragon » utilisées par l’armée ukrainienne pour construire des lignes de défense, le long de la route reliant Zaporijia à Pavlohrad, dans la région de Zaporijia (Ukraine), le 22 janvier 2026.

Dimitri Minic est chercheur à l’Institut français des relations internationales et auteur de Pensée et culture stratégiques russes (Maison des sciences de l’homme, 2023). Dans un entretien au Monde, il analyse les racines et l’évolution du conflit en Ukraine, quatre ans après le début de l’invasion russe à grande échelle du 24 février 2022.

Quel est aujourd’hui le rapport de force entre l’Ukraine et la Russie ?

Il a évolué, mais reste favorable à la Russie, qui a des réserves potentiellement plus importantes que l’Ukraine. Pour l’instant, Moscou arrive à compenser les pertes, mais elles sont exponentielles d’année en année.

Aujourd’hui, les Russes contrôlent environ 20 % du territoire ukrainien. Mais c’est en grande partie ce qu’ils ont obtenu dans la première phase de la guerre, en 2022. En 2024 et 2025, ils n’ont conquis qu’environ 1 % du territoire. C’est ultra-incrémental et ultra-meurtrier.

La guerre en Ukraine a également conduit à un déclassement de la Russie. Le pays s’est révélé incapable de défendre ses partenaires dans le monde, que ce soit le Venezuela, la Syrie ou l’Iran. Surtout, Moscou n’est pas en mesure de contester les actions de Donald Trump, qui incarnent l’interventionnisme et l’unilatéralisme américains pourtant honnis par la Russie. En un an, le président américain a ordonné plus de frappes que Joe Biden en quatre, tandis qu’il a créé un substitut à l’Organisation des Nations unies, le Board of Peace, qu’il entend présider à vie.

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