L’Iran considérera des « frappes limitées » comme une « agression », les Etats-Unis maintiennent leur pression

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Le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei, lors d’une conférence de presse à Téhéran, le 28 octobre 2024.

L’Iran a averti, lundi 23 février, qu’il considérerait toute attaque contre son territoire, y compris des frappes limitées, comme un « acte d’agression », après des propos du président américain, Donald Trump, laissant entendre cette option, au moment où Washington accentue sa pression militaire.

« Concernant la première question relative à une frappe limitée, il n’y a pas de frappe limitée. Un acte d’agression sera considéré comme un acte d’agression », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, lors d’une conférence de presse à laquelle a assisté l’Agence France-Presse (AFP).

Il était invité à réagir aux propos de Donald Trump qui a dit vendredi « envisager » une frappe limitée contre l’Iran si ce pays ne concluait pas rapidement un accord sur le nucléaire avec les Etats-Unis. « Tout Etat réagirait avec force à un acte d’agression au titre de son droit inhérent à la légitime défense, et c’est donc ce que nous ferions », a souligné M. Baghaei.

« Tout ce que je peux dire, c’est que je l’envisage », avait laconiquement répondu Donald Trump à la question suivante posée par la presse : « Envisagez-vous une frappe limitée si l’Iran ne conclut pas d’accord ? »

L’Union européenne appelle au calme

Les deux pays ont tenu le 17 février en Suisse une deuxième session de pourparlers indirects via une médiation omanaise, dans un contexte d’intensification du déploiement militaire américain dans la région, où Washington a dépêché deux porte-avions. De nouveaux pourparlers, confirmés par l’Iran et Oman mais pas les Etats-Unis à ce stade, sont prévus jeudi.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, mène les négociations pour l’Iran, tandis que les Etats-Unis sont représentés par l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner. Donald Trump se demande pourquoi l’Iran n’a pas déjà « capitulé » devant cet imposant déploiement militaire, a déclaré Steve Witkoff, lors d’un entretien à Fox News réalisé jeudi et diffusé samedi. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a déclaré, lundi, que les Iraniens n’avaient jamais accepté de capituler dans leur histoire.

La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a, pour sa part, appelé, lundi, à une « solution diplomatique », estimant que « l’Iran est au point le plus faible qu’il ait jamais connu », peu avant le début d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE à Bruxelles.

L’Inde a, quant à elle, exhorté ses ressortissants à quitter l’Iran « compte tenu de l’évolution de la situation », alors que quelque 10 000 Indiens vivent dans le pays, selon la diplomatie indienne.

Le Monde avec AFP



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