L’intégralité de la conversation entre Steve Witkoff, envoyé spécial de Donald Trump, et Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, révélée par Bloomberg

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U.S. Secretary of State Marco Rubio, second left, meets with Saudi Foreign Minister Prince Faisal bin Farhan Al Saud, Saudi National Security Advisor Mosaad bin Mohammad Al-Aiban, U.S. National Security Advisor Mike Waltz, third left, U.S. Middle East envoy Steve Witkoff, left, Russian Foreign Minister Sergei Lavrov, right, and Russian President Vladimir Putin's foreign policy advisor Yuri Ushakov, second right, at Diriyah Palace, in Riyadh, Saudi Arabia, Tuesday Feb. 18, 2025. (Evelyn Hockstein/Pool Photo via AP)

L’agence de presse américaine Bloomberg a publié, mardi 25 novembre, la retranscription d’une conversation téléphonique de cinq minutes, passée le 14 octobre et dont elle a pu se procurer un enregistrement, entre l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, et le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov. « J’ai le plus profond respect pour le président Poutine », déclare notamment l’Américain, manifestant une certaine proximité avec son interlocuteur. Voici la traduction de l’intégralité de ces échanges, que nous analysons également dans cet article.

Steve Witkoff : Salut Iouri.

Iouri Ouchakov : Oui Steve, salut. Comment ça va ?

Steve Witkoff : Bien Iouri. Comment ça va ?

Iouri Ouchakov : Ça va. Félicitations, mon ami. [Il le félicite pour le cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur le 11 octobre, entre Israël et le Hamas, obtenu sous pression des Etats-Unis.]

Steve Witkoff : Merci.

Iouri Ouchakov : Vous avez fait un super travail. Vraiment un super travail. Merci beaucoup. Merci. Merci.

Steve Witkoff : Merci Iouri et merci pour ton soutien. Je sais que ton pays l’a soutenu et je t’en remercie.

Iouri Ouchakov : Oui, oui, oui. Tu sais que c’est pour ça que nous avons suspendu l’organisation du premier sommet russo-arabe. [Un sommet entre la Russie et la Ligue arabe était prévu le 15 octobre à Moscou mais a été reporté à une date inconnue en raison de l’implication de plusieurs pays arabes dans la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza.]

Steve Witkoff : Oui.

Iouri Ouchakov : Oui, parce qu’on pense que c’est vous qui faites le vrai travail dans la région.

Steve Witkoff : Ecoute, je vais te dire quelque chose. Si on parvient à résoudre l’affaire entre la Russie et l’Ukraine, tout le monde sautera de joie.

Iouri Ouchakov : Oui, oui, oui. Vous n’avez qu’un seul problème à résoudre [Rires].

Steve Witkoff : Lequel ?

Iouri Ouchakov : La guerre russo-ukrainienne.

Steve Witkoff : Je sais ! Comment on y arrive ?

Iouri Ouchakov : Mon ami, je voudrais juste ton conseil. Tu penses que ce serait utile que nos patrons se parlent au téléphone ?

Steve Witkoff : Oui, je pense.

Iouri Ouchakov : Tu penses que oui. Et quand est-ce que tu penses que ce serait possible ?

Steve Witkoff : Je pense que dès que vous le proposerez, mon gars est prêt à le faire.

Iouri Ouchakov : OK, OK.

Steve Witkoff : Iouri, Iouri. Voilà ce que je ferais. Ma recommandation.

Iouri Ouchakov : Oui, s’il te plaît.

Steve Witkoff : J’appellerais et je redirais que vous félicitez le président pour cet accomplissement, que vous l’avez soutenu, vous l’avez soutenu, que vous soutenez le fait qu’il soit un homme de paix et que vous êtes vraiment heureux d’avoir vu arriver ça. Je dirais ça. Je pense qu’à partir de là, ce sera un très bon appel.

Parce que – laisse-moi te dire ce que j’ai dit au président. J’ai dit au président que vous, la Fédération de Russie, avez toujours voulu un accord de paix. C’est ma conviction. J’ai dit au président que c’est ce que je croyais. Et je crois que la question est – le problème – est que nous avons deux nations qui ont du mal à trouver un compromis et lorsque nous y parviendrons, nous aurons un accord de paix. Je pense même que nous pourrions présenter une proposition de paix en 20 points, comme nous avons fait pour Gaza. Nous avons élaboré un plan Trump en 20 points pour la paix, et je me dis que nous pourrions faire la même chose avec vous. Ce que je veux dire, c’est que…

Iouri Ouchakov : OK, OK, mon ami. Je pense que ce point précis pourrait être discuté par nos dirigeants. Hé Steve, je suis d’accord avec toi : il va le féliciter, il va dire que M. Trump est un véritable homme de paix, tc. C’est ce qu’il dira.

Steve Witkoff : Mais voilà ce que je pense qui serait incroyable.

Iouri Ouchakov : OK, OK.

Steve Witkoff : Et si, et si… Ecoute-moi bien…

Iouri Ouchakov : Je vais en parler avec mon patron et je reviendrai vers toi. OK ?

Steve Witkoff : Oui, parce qu’écoute ce que je dis… Je veux juste que tu dises, peut-être que tu dises simplement ça au président Poutine, parce que tu sais que j’ai le plus profond respect pour le président Poutine.

Iouri Ouchakov : Oui, oui.

Steve Witkoff : Peut-être qu’il peut dire au président Trump : Tu sais Steve et Iouri ont discuté d’un plan en 20 points très similaire pour la paix, et ça pourrait être, selon nous, quelque chose qui pourrait un peu faire changer la donne, on est ouvert à ce genre d’initiatives, à explorer ce qu’il faudra pour parvenir à un accord de paix. Maintenant, entre toi et moi, je sais ce qu’il faudra pour conclure un plan de paix : Donetsk [région dont l’Ukraine contrôle encore une partie] et peut-être un échange de territoires quelque part. Mais je dis, au lieu de parler comme ça, parlons de manière plus positive, car je pense que nous allons parvenir à un accord. Et je pense, Iouri, que le président me donnera beaucoup de latitude et de liberté d’action pour parvenir à cet accord.

Iouri Ouchakov : Je vois…

Steve Witkoff : … Donc si on pouvait créer cette opportunité, [dire] que nous avons eu une conversation, je pense que ça pourrait déboucher sur quelque chose d’important.

Iouri Ouchakov : Ça me paraît bien. Ça me paraît bien.

Steve Witkoff : Et une autre chose : Zelensky vient à la Maison Blanche vendredi.

Iouri Ouchakov : Je sais. [Rires]

Steve Witkoff : Je vais assister à cette réunion parce qu’ils veulent que je sois présent, mais je pense que si possible nous devrions faire cet appel avec ton patron avant cette réunion de vendredi.

Iouri Ouchakov : Avant, avant… oui ?

Steve Witkoff : Oui.

Iouri Ouchakov : OK, OK. Entendu. Je vais en discuter avec mon patron et je reviendrai vers toi. D’accord ?

Steve Witkoff : OK, Iouri. On se parle bientôt.

Iouri Ouchakov : Très bien. Très bien. Merci beaucoup. Merci.

Steve Witkoff : Salut. Salut.

Iouri Ouchakov : Salut.

Le Monde

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