L’Europe spatiale tente de revenir dans la cour des grands

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Lors d’une visite du premier ministre néerlandais, Dick Schoof, au Centre européen de recherche et de technologie spatiales, le centre d’essais de l’Agence spatiale européenne, à Noordwijk (Pays-Bas), le 12 novembre 2025.

L’Europe n’a jamais consacré autant d’argent à l’espace. Mercredi 26 et jeudi 27 novembre, les ministres des 23 pays membres de l’Agence spatiale européenne (European Space Agency, ESA) se réunissent en Allemagne, à Brême (Basse-Saxe), pour arrêter le budget de l’institution pour les trois années à venir. Le total des contributions des Etats pourrait dépasser 22 milliards d’euros, soit 5 milliards de plus que lors de la dernière « ministérielle » de novembre 2022.

Et pourtant, malgré ce montant, les craintes d’un déclassement du continent n’ont jamais été aussi fortes. « L’Europe ne représente qu’environ 10 % de l’économie spatiale mondiale en matière de financement public. Les Etats-Unis font 60 %, la Chine 15 %, et la part européenne est en réalité en train de diminuer (…). Il y a un risque très élevé que les meilleures personnes, les meilleures entreprises quittent l’Europe », s’est inquiété Josef Aschbacher, le directeur général de l’ESA, dans un entretien à l’Agence France-Presse, le 10 octobre.

Ce déclassement se voit déjà. En service depuis juillet 2024, Ariane-6, dont le quatrième vol commercial est prévu mi-décembre, a rouvert la porte de l’espace à l’Europe, et une multitude de jeunes entreprises développent des fusées de plus petite taille. Mais ni Ariane ni ces dernières ne maîtrisent la technologie des propulseurs réutilisables comme SpaceX, la société d’Elon Musk, ou Blue Origin, l’entreprise du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, qui l’a testée avec succès, à sa deuxième tentative, le 13 novembre.

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