L’essor des évangéliques bouleverse la façon d’être protestant en France

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Ils ont longtemps été associés à l’imaginaire d’une Amérique fervente, démonstrative dans sa foi, culturellement et religieusement, bien éloignée du christianisme majoritairement catholique pratiqué en France. Pourtant les évangéliques sont, depuis quelques dizaines d’années, un phénomène bien français. Au point que certaines personnalités publiques, comme le footballeur international Olivier Giroud, revendiquent leur conversion. Au point aussi de bousculer le protestantisme hexagonal, historiquement composé de luthéro-réformés. De plus en plus importants en nombre de fidèles pratiquants, de plus en plus présents dans les instances représentatives du protestantisme, les évangéliques en sont devenus, en France, une manifestation incontournable.

Si les premières « megachurches », ces énormes églises à l’américaine aux milliers de fidèles chantant et priant en écoutant le prêche fervent d’un pasteur, sont apparues au début des années 2000, l’essor de ce culte en France, qui se pratique majoritairement dans des lieux plus petits, remonte à des décennies. « Sa croissance, d’abord liée à l’immigration africaine, est continue depuis au moins trente ans. L’éclosion des megachurches a été une étape importante, mais c’est le sommet de l’iceberg, qui rend visible pour le grand public un phénomène plus large », indique Valérie Duval-Poujol, théologienne évangélique.

Fondée sur l’autorité centrale de la Bible et la conversion personnelle, l’évangélisme, présent en France depuis plus de deux cents ans, a bénéficié depuis les années 1970 de l’arrivée dans l’Hexagone des ultramarins, avant de grossir encore avec les récentes arrivées d’immigrés subsahariens. Selon des estimations de Sébastien Fath, historien et sociologue des religions au CNRS, auteur du Nouveau Pouvoir évangélique (Grasset, 504 pages, 25 euros), 58 % des 2 millions de protestants français seraient évangéliques. Un chiffre supérieur à celui donné par un sondage Ifop de janvier 2025 commandé par la Fédération protestante de France (FPF), qui évalue leur poids à 33 %. Mais tous les observateurs s’accordent pour reconnaître leur essor et pour affirmer que, s’ils ne sont pas majoritaires aujourd’hui, ils le seront à l’avenir.

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