« Les Palestiniens considèrent la paix d’Oslo comme un piège »

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Le président américain Bill Clinton, avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin (à gauche) et le chef de l’OLP, Yasser Arafat, le 13 septembre 1993, à la Maison Blanche, à Washington, pour une poignée de main historique scellant les accords de paix d’Oslo.

Leila Surat est chercheuse au Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris Carep, associée au Cesdip et à Omam (ULB). Elle est l’autrice du Hamas et le Monde (CNRS Editions, 2015). Elle a codirigé, avec Jihane Sfeir, Ecrits politiques arabes : une anthologie du Machrek au Maghreb au XXe siècle (CNRS Editions, 2022).

Où en sont les discussions sur la trêve à Gaza, proposée fin avril par le Qatar, l’Egypte et les Etats-Unis ? Peut-elle avoir une chance de se transformer en cessez-le-feu permanent ?

Israël continue d’utiliser le dossier des négociations pour réaliser d’autres objectifs : prolonger son agression contre Gaza et imposer son attaque contre Rafah. Benyamin Nétanyahou ne cesse en effet de répéter qu’aucun accord ne l’empêchera de poursuivre son offensive. La nouvelle proposition de Joe Biden complique néanmoins les choses puisque M. Nétanyahou fait face non seulement à une augmentation des pressions américaines, mais aussi aux menaces de démissions, aussi bien au sein du cabinet de guerre qu’au sein du gouvernement. Les démissions de Bezalel Smotrich et Ben Gvir entraîneraient des élections anticipées et le départ de Benyamin Nétanyahou.

La question n’est donc pas de savoir si le Hamas accepte ou non l’accord, mais plutôt si le gouvernement israélien est prêt à l’accepter. L’ironie est que ce plan, marketé par Joe Biden et présenté comme « israélien », s’est vu refusé par Israël là où le Hamas a affirmé qu’il contenait des points positifs. Sa version israélienne présentée quelques jours plus tard au Hamas par le Qatar a été modifiée ne garantissant plus le cessez-le-feu permanent.

Cet article est tiré du « Hors-Série Le Monde : 40 cartes pour comprendre le conflit Israël – Palestine », juillet 2024, en vente dans les kiosques ou par Internet en se rendant sur le site de notre boutique.

Près d’un an après le 7 octobre, où se trouve la cause palestinienne sur les plans international et régional ?

Les accords d’Abraham signés entre Israël et plusieurs pays arabes en août 2020 ont constitué une véritable menace pour les Palestiniens. L’un des objectifs affichés du 7 octobre était précisément de les remettre en cause et d’imposer la Palestine comme une question centrale.

A l’échelle régionale, la guerre à Gaza redessine une opposition entre, d’une part, les pays favorables à la « normalisation » avec Israël et, d’autre part, les alliés de l’Iran. La capacité de nuisance de ces acteurs témoigne de l’importance de l’Iran comme puissance avec laquelle il faut composer. C’est d’ailleurs le cas depuis que l’Arabie saoudite s’est rapprochée de
Téhéran au printemps 2023, amorçant ainsi une détente dans le Golfe qu’Israël pourrait briser.

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