Les manifestations en République tchèque, signe d’une cohabitation de plus en plus tendue entre pro-européens et extrême droite

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Des manifestants participent à un rassemblement de soutien au président tchèque, Petr Pavel, à Prague (République tchèque), le 1er février 2026.

Il n’aura même pas fallu cinquante jours au gouvernement eurosceptique du milliardaire Andrej Babis pour déclencher des manifestations d’ampleur en République tchèque. Dimanche 1er février, près de 100 000 personnes sont descendues dans le centre de Prague pour soutenir le président pro-européen, Petr Pavel, engagé dans une cohabitation de plus en plus tendue avec le nouveau premier ministre populiste et ses partenaires de coalition d’extrême droite, arrivés au pouvoir le 15 décembre 2025.

« Levons-nous pour notre président », ont lancé les organisateurs du mouvement qui ont réussi à remplir les places Venceslas et de la Vieille-Ville, en plein cœur de la capitale, d’une foule arborant des portraits du président et des drapeaux tchèques, européens et ukrainiens. D’une ampleur qui a surpris tous les observateurs, cette manifestation a été déclenchée par la dénonciation, mardi 27 janvier, par M. Pavel, élu en 2023 face à M. Babis, « de tentatives de chantage » exercées selon lui par le nouveau ministre des affaires étrangères, Petr Macinka.

Représentant du parti des Motoristes, une petite formation masculiniste, anti-écologiste et pro-Donald Trump qui a obtenu moins de 7 % des voix aux législatives d’octobre 2025, M. Macinka essaye de forcer le chef de l’Etat à accepter de nommer comme ministre de l’environnement le président d’honneur du mouvement, Filip Turek. Cet ancien influenceur automobile accusé de viol et connu pour ses provocations racistes et néonazies est rejeté par M. Pavel, qui lui reproche sa « banalisation » du nazisme et « son mépris pour l’Etat de droit ».

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