les écoles vétérinaires dans la tourmente

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L’événement n’a pas été ébruité au sein même des murs de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA), à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Lundi 12 janvier, l’emblématique amphithéâtre Fragonard, du nom du célèbre anatomiste du XVIIIe siècle, était pourtant comble. Ce jour-là, le titre de docteur vétérinaire a été remis à Clara (le prénom a été changé) à l’issue d’une soutenance de thèse posthume. Le 1er septembre 2025, la jeune femme de 24 ans a mis fin à ses jours, alors qu’elle venait de commencer son internat à l’hôpital vétérinaire rattaché à l’ENVA, après y avoir étudié.

L’institution, qui célèbre en 2026 ses 260 ans et accueille chaque année plus de 900 étudiants, a été endeuillée plusieurs fois de suite. Le 14 novembre 2025, une jeune praticienne hospitalière à l’hôpital des animaux de ferme de l’ENVA, diplômée en 2018, est décédée par suicide. Début janvier, les étudiants apprenaient le suicide, le 31 décembre, d’une de leurs camarades de 6année.

L’ENVA n’est pas le seul campus touché. Le 5 janvier, une élève qui venait d’achever sa 6année à VetAgro Sup (Métropole de Lyon) a également mis fin à ses jours.

Si les causes d’un suicide sont multifactorielles, ces décès suscitent l’émoi chez les étudiants des écoles nationales vétérinaires françaises – l’ENVA, VetAgro Sup, Oniris VetAgroBio (à Nantes) et l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) – dont l’état psychologique vient d’être pour la première fois passé à la loupe. A l’initiative des quatre établissements publics, une enquête scientifique a été conduite au premier semestre 2024 par Didier Truchot, professeur émérite en psychologie sociale à l’université Marie-et-Louis-Pasteur (université de Franche-Comté). Quelque 1 600 de leurs étudiants, soit près de la moitié des effectifs, y ont participé.

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