les deux principaux accusés condamnés à dix et quinze ans de prison

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Lors d’une cérémonie d’hommage au professeur Samuel Paty, à Eragny-sur-Oise (Val-d’Oise), le 16 octobre 2021.

La cour d’assises spéciale de Paris a condamné lundi 2 mars en appel quatre hommes à des peines de six ans de prison à quinze années de réclusion criminelle pour leur rôle dans l’engrenage qui a conduit à l’assassinat du professeur Samuel Paty par un djihadiste tchétchène en 2020.

Les peines les plus lourdes, respectivement dix et 15 ans de réclusion, ont été prononcées contre un parent d’élève, Brahim Chnina, 54 ans, et un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, pour avoir été les initiateurs de la campagne de haine en ligne. Les deux hommes avaient interjeté appel de leur condamnation en première instance à treize et quinze années de réclusion criminelle.

Condamnés pour association de malfaiteurs mais sans que son caractère terroriste ne soit retenu, deux proches du tueur, Naïm Boudaoud, 24 ans, et Azim Epsirkhanov, 25 ans, ont été condamnés à six et sept ans de prison. Ils étaient poursuivis pour avoir véhiculé Anzorov et l’avoir aidé à se procurer des armes avant son crime commis le 16 octobre 2020 près du Collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Le parquet général avait réclamé vendredi 20 ans de réclusion contre Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui, qui ne connaissaient pas Abdoullakh Anzorov mais seraient « à l’origine du Mal ». Les deux plus âgés se sont parfois renvoyé la responsabilité première de la cabale et ont divergé dans leurs postures : Brahim Chnina a exprimé sa « honte », Abdelhakim Sefrioui restant droit dans ses bottes militantes. Mais ensemble, ils affirment n’avoir jamais imaginé que leur vindicte en ligne pût mettre en péril Samuel Paty.

Les débats de ce procès en appel ont été marqués par des incidents procéduraux exceptionnels : deux magistrates écartées après la mise en cause de leur impartialité ; un ministre, Laurent Nuñez, qui écrit directement à la présidente de la cour pour rectifier son témoignage.

Souvent tendu, avec une défense pugnace et une accusation âpre, le procès a avancé sur une ligne de crête. Mais il est resté sur les rails, la dignité réclamée par la famille Paty a été protégée par la présidente, dont la « loyauté », l’humanité et la conduite maîtrisée des débats ont été saluées par les parties.

Le Monde avec AFP



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