
Le point sur l’enquête avant la conférence de presse du procureur
Les circonstances de l’agression mortelle de Quentin D., étudiant et militant nationaliste, doivent être précisées lors d’une conférence de presse du procureur de Lyon prévue pour 16 heures. L’enquête préliminaire, ouverte initialement pour violences aggravées, a été élargie aux qualifications de « coups mortels aggravés par trois circonstances : la réunion, l’usage d’armes, la dissimulation du visage ». « L’enquête s’oriente à présent sur l’identification des auteurs directs des violences correctionnelles et criminelles », a affirmé le parquet de Lyon, dimanche. A ce stade, il n’y a pas encore eu de perquisition ni d’interpellation, et personne n’a été identifié comme auteur des coups, a assuré lundi à l’AFP une source proche du dossier.
Quel est le lieu exact de l’agression ? Les enquêteurs retracent l’itinéraire du jeune homme, afin de déterminer le lieu de l’agression. Jeudi après-midi, il se trouvait à proximité d’une manifestation du collectif Némésis, avenue Berthelot (8e arrondissement). Le collectif d’ultradroite avait été pris à partie après avoir déroulé une banderole pour dénoncer la tenue d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (LFI) dans les locaux de l’institut d’études politiques de Lyon. La porte-parole de Némésis a affirmé que Quentin D. faisait partie de son service d’ordre, ce qu’a démenti la famille du jeune homme.


Les investigations de la police se concentrent sur un autre événement, survenu un peu plus tard, à environ 400 mètres de l’IEP, rue Victor-Lagrange. Les policiers ont confirmé qu’une violente rixe avait éclaté, jeudi en fin d’après-midi, dans ce secteur, entre deux groupes de militants d’extrême droite et des antifascistes. Des vidéos présentées comme celles de l’agression et diffusées par des médias montrent trois hommes se faire rouer de coups de pied et de coups de poing, dont l’un reste au sol, apparemment inanimé. Quentin D. a-t-il subi les coups fatals à ce moment ? « C’est l’hypothèse la plus probable », estime une source sécuritaire au Monde. Quentin D. a été pris en charge par les secours en début de soirée, à près de 2 kilomètres de là, quai Fulchiron (5e arrondissement). Victime d’une commotion cérébrale, il a été transporté à l’hôpital et placé dans le coma avec un pronostic vital engagé.
Qui sont les agresseurs ? Le parquet de Lyon a fait état, dimanche, de « plusieurs témoignages significatifs » recueillis par la police. Plusieurs mouvements identitaires accusent la Jeune Garde, groupe antifasciste lyonnais, dissous en juin 2025 pour des méthodes jugées violentes par le ministère de l’intérieur, d’avoir fomenté « le lynchage » de Quentin D. Le groupe Némésis affirme avoir reconnu parmi les agresseurs un collaborateur parlementaire du député Raphaël Arnault (LFI), qui serait un « membre actif de la Jeune Garde ». Une assertion catégoriquement réfutée par son avocat. Dans un communiqué, la Jeune Garde a contesté toute responsabilité dans ces « tragiques événements ».




















