
Sur les buttes près des villages de Gazibouo et Zakroguhé, dans la sous-préfecture de Tapéguia (centre-ouest ivoirien), des étudiants en archéologie s’affairent autour des vestiges d’un ancien fourneau métallurgique du Ve siècle.
Le site, installé en zone humide à proximité d’un bas-fond, témoigne d’une activité sidérurgique ancienne encore mal documentée en Côte d’Ivoire. « Nous creusons pour atteindre le fond du fourneau », explique l’archéologue Arouna Yeo, enseignant-chercheur à l’université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan.
A mesure que la fouille progresse, l’équipe met au jour des fragments de terre cuite, des morceaux de tuyères et du charbon de bois. « Ce que nous trouverons au fond nous renseignera sur le fonctionnement du four et permettra une datation plus fine, notamment par analyse du charbon », précise le chercheur en exhumant un coquillage. Faute de moyens et de temps, l’équipe, sous la houlette du Dr Tie By Gala, devra pourtant repartir sans achever l’exploration, espérant pouvoir revenir un jour.
Pendant dix jours, étudiants de licence et de master ont alterné les travaux à la pioche, à la truelle et au pinceau. Un travail physique, effectué sans terrassiers et sur fonds propres. Les enseignants paient le matériel de leur poche et les élèves se sont tous acquittés d’une contribution pour prendre part à l’expédition.
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