
Le pôle santé publique du parquet de Paris a ouvert cinq enquêtes concernant les laits infantiles contaminés par la toxine céréulide – qui peut causer des vomissements parfois dangereux chez un nourrisson, a annoncé, vendredi 13 février, la procureure de Paris dans un communiqué. « Le parquet de Paris a décidé de sa saisine en raison de la multiplicité des plaintes sur le territoire, et de la technicité des investigations sur les aspects réglementaires et sanitaires », a expliqué Laure Beccuau.
Ces cinq enquêtes, concernant des laits distribués par Nestlé, Lactalis, Danone, Babybio et La Marque en moins, ont été confiées à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique et à la brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, a-t-elle précisé.
Elles ont été ouvertes le 30 janvier, notamment pour tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme, inexécution par exploitant du secteur alimentaire de procédure de retrait ou rappel d’un produit préjudiciable à la santé, ou encore mise en danger de la vie d’autrui par violation d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence. D’autres enquêtes se poursuivent à Angers, Bordeaux et Blois, est-il ajouté.
Analyses déléguées en Belgique
Dans l’après-midi, l’Association pour la santé des enfants avait annoncé le dépôt de « trois plaintes pénales contre X auprès des parquets de Paris, Bordeaux et Angers ». L’affaire des laits infantiles dure depuis mi-décembre. Après un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi par des plus petits acteurs de ce marché en pleine croissance.
Trois décès de bébés ont été signalés en France – seul pays européen dans ce cas –, ainsi qu’une quinzaine d’hospitalisations, chez des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels. A ce stade, toutefois, aucun lien de cause à effet n’a été établi et des analyses sont en cours.
Selon des informations diffusées vendredi par Radio France, ces analyses, supervisées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), ont été déléguées à l’institut belge de santé publique, Sciensano, en lien avec l’Anses, faute de capacités suffisantes en France. Interrogés par l’AFP, les ministères de la santé et de l’agriculture, ainsi que l’Anses, n’ont pas confirmé l’information dans l’immédiat.



















