
Le Pakistan a annoncé, dimanche 22 février, avoir frappé sept sites à la frontière avec l’Afghanistan en réaction à des attentats-suicides perpétrés sur son territoire par des groupes armés soutenus selon lui par Kaboul, dont l’un visait une mosquée à Islamabad.
Confronté à l’intensification d’insurrections dans la zone frontalière, le Pakistan « a mené des frappes sélectives sur la base de renseignements contre sept camps et refuges de terroristes », a déclaré dans un communiqué le ministère de l’information.
Il a également ciblé un groupe affilié à l’organisation Etat islamique (EI), ajoute le communiqué publié sur X par le ministre de l’information pakistanais, Attaullah Tarar, sans préciser où ces frappes avaient été menées.
Selon le ministère, ces bombardements ont été ordonnés après plusieurs récentes attaques dans le nord-ouest du pays ainsi qu’un attentat-suicide qui a fait 40 morts le 6 février dans une mosquée chiite d’Islamabad.
Frontière terrestre fermée
Cette dernière attaque, revendiquée par l’EI, a été la plus meurtrière à Islamabad depuis un attentat à la bombe contre l’hôtel Marriott en 2008, qui avait fait 60 morts. L’attentat s’était déroulé pendant la prière du vendredi, lorsque les mosquées se remplissent de fidèles.
Si le Pakistan est un pays à majorité sunnite, les chiites représentent de 10 % à 15 % de la population et ont déjà été ciblés par le passé.
Longtemps proches, le Pakistan et l’Afghanistan s’affrontent sporadiquement depuis que les autorités talibanes ont pris le contrôle de Kaboul en 2021. Islamabad accuse son voisin d’abriter des militants armés qui lancent des attaques sur son territoire, ce que le gouvernement afghan dément.
Le 12 octobre 2025, le Pakistan et l’Afghanistan avaient affirmé avoir fait des dizaines de morts dans les rangs des armées adverses lors d’affrontements d’une ampleur inédite. Le porte-parole du gouvernement taliban avait alors déclaré que les forces afghanes avaient capturé des postes militaires pakistanais sans autre précision.
« Au cours des trois derniers mois de 2025, 70 civils ont été tués et 478 blessés en Afghanistan par des actions attribuées aux forces pakistanaises », selon un rapport de la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) publié le 8 février.
Depuis la mi-octobre 2025, la frontière terrestre entre les deux pays est fermée, à quelques exceptions (Afghans renvoyés du Pakistan), affectant les échanges commerciaux et la vie de populations habituées à passer d’un côté à l’autre.



















