le gouvernement saisit la justice d’une possible « reconstitution » de la Jeune Garde

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Des affiches en hommage au militant d’extrême droite Quentin Deranque, à Lyon, le 21 février 2026.

Le gouvernement a saisi la justice au sujet d’une possible « reconstitution » du groupe antifasciste la Jeune Garde, officiellement dissous, à la suite de l’agression mortelle du militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon, a annoncé, mardi 24 février, au Monde, un participant à une réunion à l’Elysée, confirmant une information de l’Agence France-Presse (AFP).

Emmanuel Macron a réuni dans la matinée à l’Elysée les ministres de l’intérieur et de la justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, ainsi que les services de renseignement pour évoquer « les groupes d’action violente qui sévissent et [qui] ont des liens avec les partis politiques ».

Le ministre de l’intérieur a saisi « il y a deux jours » le parquet de Paris d’un « dossier de reconstitution de ligue dissoute de la Jeune Garde », a fait savoir le participant à la réunion. Il s’agit de la riposte gouvernementale en parallèle de l’enquête judiciaire sur la mort du jeune homme de 23 ans battu à mort par des membres de l’ultragauche à Lyon, dans laquelle sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité. Plusieurs suspects sont proches de la Jeune Garde antifasciste, groupe fondé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault, aujourd’hui député (La France insoumise, LFI), et dissous en juin 2025.

Avant ce décès, les services de renseignement surveillaient déjà des « velléités de reconstitution » de groupuscules liés au mouvement dissous « sur cinq territoires au moins », a expliqué ce responsable. « Les faits gravissimes de Lyon nous laissent à penser que maintenant le dossier est suffisamment étayé », a-t-il ajouté.

Trois procédures de dissolution déjà engagées

En outre, le chef de l’Etat a demandé au ministère de l’intérieur, pendant cette réunion, de lancer des procédures de dissolution pour ces cinq « émanations » locales identifiées de la Jeune Garde, a ajouté ce participant, refusant de préciser sur quels territoires elles opèrent.

Sans lien avec le décès du militant, des procédures de dissolution étaient déjà engagées contre trois structures « d’ultradroite » et une « d’ultragauche », qui devraient aboutir « dans les deux mois qui viennent », selon cette source.

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Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée en 2017, 24 groupes de la « mouvance ultra » ont été dissous, selon le gouvernement, qui assure ne pas privilégier « un camp par rapport à un autre ». « On les traite de la même façon », a insisté le participant, qui chiffre à un peu plus de 5 000 les personnes de « toutes les mouvances ultraconfondues » qui sont suivies par les services, sachant que « la constellation des ultradroites est plus importante que la constellation des ultragauches ».

Le chef de l’Etat a veillé depuis la mort de Quentin Deranque à dénoncer la violence politique, qu’elle vienne des « mouvements d’extrême gauche » comme « d’extrême droite », appelant tous les « extrêmes » à « faire le ménage » dans leurs rangs.

« Préoccupation » pour les municipales

Alors que les condamnations se sont concentrées sur la Jeune Garde, et que LFI est montrée du doigt par une grande partie de la classe politique pour ses liens avec ce groupe, le député de gauche François Ruffin a écrit au ministre de l’intérieur pour lui demander de dissoudre le collectif Némésis, un groupe identitaire proche de l’extrême droite, qui se revendique féministe. Interrogé à ce sujet, le participant à la réunion d’Emmanuel Macron s’est borné à répondre que l’administration s’attache à documenter « les faits de violence » de « toutes les structures », pour ensuite déterminer d’éventuelles procédures de dissolution.

Le président de la République a, par ailleurs, exprimé sa « préoccupation » au sujet de possibles violences émaillant la campagne pour les élections municipales de mars, et a demandé à l’exécutif de veiller à ce qu’elle « se déroule sereinement ».

Selon cette source, depuis la mort du jeune militant, « 22 permanences parlementaires de LFI ont été dégradées ». La crainte concerne notamment d’éventuelles « contre-manifestations » incluant des militants « ultras » autour de meetings des « insoumis » ou du Rassemblement national. La question des « grandes porosités » entre « certaines de ces mouvances ultras » de gauche ou de droite et des institutions de la société civile a enfin été examinée « sans aucun tabou », selon ce participant. Aucune mesure n’a été annoncée à cet égard, mais l’exécutif s’alarme de voir « de plus en plus de mouvances ultras qui noyautent » des universités ou des syndicats.

Le Monde avec AFP



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