Le dalaï-lama reçoit un Grammy Award, la Chine dénonce une « instrumentalisation »

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L’auteur-compositeur Rufus Wainwright (à droite) reçoit le Grammy Award du meilleur livre audio au nom du Dalaï Lama, lors de la 68e cérémonie des Grammy Awards, le dimanche 1er février 2026 à Los Angeles.

Le dalaï-Lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain, a exprimé lundi sa « gratitude » après avoir reçu son premier Grammy Award, dans la catégorie livres audio. Lors de la 68e édition des Grammy Awards dimanche à Los Angeles, Tenzin Gyatso s’est vu décerner une récompense pour son livre audio « Méditations : Réflexions de Sa Sainteté le dalaï-lama ». « Je reçois cette distinction avec gratitude et humilité », a-t-il dit dans un message publié sur les réseaux sociaux.

« Je ne la considère pas comme un honneur personnel, mais comme reconnaissance de notre responsabilité universelle commune », a ajouté celui qui est, depuis l’âge de deux ans, le 14e chef spirituel et politique des Tibétains.

« Je crois vraiment que la paix, la compassion, le souci de notre environnement et la compréhension de l’unité de l’humanité sont essentiels au bien-être collectif des huit milliards d’êtres humains », a-t-il ajouté.

A 90 ans, le lauréat du prix Nobel de la paix vit en exil en Inde. Il est connu dans le monde entier pour son combat en faveur d’une plus grande autonomie du Tibet, aujourd’hui partie du territoire chinois. De son côté, Pékin l’accuse d’être un séparatiste.

Son livre audio, disponible sur les plateformes musicales, a notamment été réalisé avec la participation de la chanteuse pop féministe Maggie Rogers et du compositeur américain Rufus Wainwright, qui a reçu dimanche la récompense au nom du dalaï-lama.

L’an dernier, l’ex-président américain Jimmy Carter avait remporté un Grammy Award à titre posthume récompensant la version audio d’un recueil de ses discours. Les présidents américains Barack Obama et Bill Clinton en ont chacun remporté deux dans cette catégorie.

« Un exilé politique »

Le dalaï-lama s’exprime dans une vidéo diffusée à l’occasion de l’ouverture de la 15e Conférence religieuse tibétaine, une réunion de chefs religieux qui s’est tenue à McLeod Ganj, près de Dharamsala, le 2 juillet 2025.

Le dalaï-lama n’avait que 23 ans lorsqu’il a fui Lhassa, la capitale tibétaine, craignant pour sa vie après l’écrasement d’un soulèvement par les troupes chinoises en 1959. Il n’est jamais revenu.

« Comme chacun le sait, le 14e dalaï-lama n’est pas qu’une simple personnalité religieuse, mais un exilé politique qui, sous couvert de religion, se livre à des activités séparatistes hostiles à la Chine », a réagi lundi Lin Jian, un porte-parole de la diplomatie chinoise. « Nous nous opposons fermement à l’instrumentalisation (…) d’un prix artistique à des fins de manipulation politique dirigée contre la Chine », a affirmé M. Lin lors d’un point presse régulier.

Le dalaï-lama assure avoir encore de nombreuses années à vivre, mais les Tibétains se préparent à un avenir inévitable sans lui. Considéré par les bouddhistes tibétains comme la 14e réincarnation du maître que se sont choisi en 1391 des moines, il avait affirmé en 2011 renoncer à tout rôle politique au profit d’un gouvernement élu.

L’an dernier, le dalaï-lama a évoqué la fin de son règne entamé en 1937. Il a déclaré qu’un successeur serait désigné à sa mort, mais sans que les autorités chinoises n’y soient associées, une position condamnée par Pékin.

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Le Monde avec AFP



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