
Le feu qui a ravagé un complexe résidentiel de Hong Kong mercredi a causé la mort de 128 personnes, 79 blessés et 200 personnes portées disparus, en y incluant les personnes mortes mais non identifiées, deux jours après le pire incendie qu’ait connu la ville depuis des décennies, a fait part le chef de la sécurité de la ville, Chris Tang, vendredi 28 novembre. Un précédent bilan faisait état d’au moins 94 morts. Il s’agit du pire incendie qu’ait connu la ville depuis des décennies
Les pompiers ont eux terminé, vendredi, les opérations de lutte contre le feu. Les flammes étaient « largement éteintes » à 10 h 18 (3 h 18 en France), a dit à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole du gouvernement en citant les services de pompiers qui ont affirmé avoir établi un contact avec certains portés disparus. Au moins 76 personnes ont été blessées, dont onze pompiers, a par ailleurs annoncé un porte-parole de l’exécutif.
Aux premières heures vendredi, un journaliste de l’AFP avait constaté que le feu avait considérablement faibli, mais que des gerbes d’étincelles et une épaisse fumée continuaient de jaillir par endroits des gratte-ciel. Les pompiers continuaient alors d’arroser les immeubles pour en refroidir la structure porteuse et prévenir tout nouveau départ de feu. Jeudi après-midi, les secours ont dit que le feu avait été éteint dans quatre des huit immeubles d’habitation et était sous contrôle dans trois autres. Un seul des huit bâtiments a échappé au feu.
Des habitants du complexe Wang Fuk Court, situé dans le quartier de Tai Po dans le nord de Hongkong, ont assuré à l’AFP n’avoir entendu aucun signal d’alarme, et avoir dû frapper aux portes pour prévenir leurs voisins. « Le feu s’est propagé si vite… », a dit un homme nommé Suen. « Sonner et frapper aux portes, leur dire de s’enfuir – c’était comme ça », a-t-il dit. Dans un centre communautaire tout proche, des policiers montraient des photos de corps à des personnes cherchant leurs proches, pour les identifier. Dès l’aube jeudi, une chaîne de solidarité de centaines de personnes s’est mise en place spontanément autour du site comprenant près de 2 000 logements, inauguré en 1983.
Le rôle des échafaudages en bambou en question
Les investigations pour déterminer les causes de cet incendie, le pire sur le territoire chinois depuis près de quatre-vingts ans, ont commencé, selon les autorités, notamment sur le possible rôle des échafaudages en bambou et des filets synthétiques qui entouraient les immeubles et qui ont pu propager le feu. Lors d’une conférence de presse, le numéro deux du gouvernement de Hongkong, Eric Chan, a déclaré qu’il était « impératif d’accélérer la transition complète vers les échafaudages métalliques ».
« Vu le retentissement immense dans l’opinion, un groupe de travail a été mis en place pour lancer une enquête approfondie sur de possibles faits de corruption dans le grand projet de rénovation de Wang Fuk Court à Tai Po », a déclaré la Commission indépendante contre la corruption de Hongkong dans un communiqué.
La police a annoncé avoir arrêté trois hommes, soupçonnés de « grossière négligence », après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux, qui ont permis au feu de « se propager rapidement ».
John Lee, le chef de l’exécutif de la ville, a aussi annoncé une inspection de tous les grands chantiers de rénovation de Hongkong, qui compte 7,5 millions d’habitants et affiche une densité moyenne de plus de 7 100 habitants au kilomètre carré. Un chiffre jusqu’à trois fois supérieur dans les zones les plus urbanisées. En raison de l’exiguïté du territoire, une profusion de tours pouvant compter plus de 50 étages ont été construites.
Le président chinois, Xi Jinping, a présenté ses condoléances aux victimes, ainsi que le pape Léon XIV, qui a exprimé « sa solidarité spirituelle envers tous ceux qui souffrent », « en particulier les blessés et les familles en deuil ».



















