L’avion de combat franco-allemand, chronique d’un crash annoncé

3176


Eric Trappier (deuxième à partir de la gauche), PDG de Dassault Aviation, puis Ursula von der Leyen, alors ministre de la défense allemande ainsi que ​le président français, Emmanuel Macron, au Salon international de l’aéronautique et de l’espace, au Bourget (Seine-Saint-Denis), le 18 juin 2019.

A l’annonce de sa naissance, le 13 juillet 2017, il était l’affirmation d’un couple franco-allemand « efficace et ambitieux » voulu par Emmanuel Macron, fraîchement élu à la présidence de la République, et la chancelière allemande, Angela Merkel. Moins de neuf ans plus tard, il est le symbole des divergences entre les deux pays sur les questions de défense. S’il n’est pas officiellement abandonné, le système de combat aérien du futur (SCAF), dont le budget est estimé à près de 100 milliards d’euros, ce qui en fait le plus grand projet de coopération industrielle jamais lancé en Europe, se trouve dans un état de mort cérébrale.

Malgré de longues négociations entre Etats, deux années d’ingénierie et plusieurs milliards d’euros dépensés (1,2 milliard d’euros d’autorisation d’engagements ont encore été budgétés par la France pour 2026), Paris, Berlin, Madrid (l’Espagne s’est ajoutée au projet en 2019) ainsi que les deux principaux industriels du programme, le français Dassault Aviation et le franco-germano-espagnol Airbus, n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur la façon de fabriquer l’avion de combat de nouvelle génération, l’organe central du SCAF, autour duquel gravitent six autres piliers (moteur, cloud tactique, capteurs, drones de combat, furtivité et cohérence d’ensemble), également répartis entre différents industriels des trois pays, dont les français Safran et Thales, l’espagnol Indra et l’allemand MTU.

Il vous reste 79.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link