
Pour préparer son premier voyage en Chine, mercredi 25 et jeudi 26 février, le chancelier allemand, Friedrich Merz, avait invité, le 17 février, quelques-uns des grands connaisseurs allemands de la République populaire. Jörg Wuttke, qui fut représentant du géant de la chimie BASF en Chine entre 1997 et 2024, et président de la chambre européenne de commerce à Pékin, était présent ce soir-là. « Le chancelier voulait savoir comment créer un lien personnel avec les responsables chinois. Il se prépare à ce voyage avec beaucoup de soin. Il est allé une seule fois en Chine, il y a vingt ans, il n’a donc pas de connaissance intime du pays », raconte-t-il au Monde. Friedrich Merz, qui voyage avec une délégation d’une trentaine de chefs d’entreprise, se rendra à Pékin, puis à Hangzhou, un pôle majeur de la robotique humanoïde.
La relative inexpérience du chancelier sur la question chinoise ne devrait pas faciliter les choses, au moment où les avis divergent outre-Rhin sur la meilleure façon de répondre au basculement historique des relations économiques entre l’Allemagne et la République populaire de Chine. Le rapport de complémentarité, qui avait caractérisé les échanges entre les deux pays pendant deux décennies, n’a plus cours. La forte demande chinoise en chimie, en véhicules et en biens d’équipement made in Germany, qui avait permis le développement industriel de la Chine et offert à l’Allemagne une insolente prospérité dans les années 2010, a pris fin. « Nous vivons un sevrage brutal », tranche Jörg Wuttke.
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