« La plupart des pays européens sont dans une situation soit de bipolarisation, soit de tripartition »

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Parler de submersion de l’Europe par une vague d’extrême droite depuis le 9 juin est exagéré : les partis de droite radicale progressent, mais restent néanmoins très minoritaires au sein du Parlement européen. En revanche, la campagne a été caractérisée par une très forte polarisation des partis aussi bien que des électorats dans la plupart des pays.

D’une part, cette polarisation se développe autour d’enjeux et de problématiques parfois assez différents d’un pays à l’autre, et d’autre part, sa dynamique s’articule selon les pays autour de deux ou de trois blocs électoraux : on peut donc ranger la plupart des pays européens dans une situation soit de bipolarisation, soit de tripartition.

En Pologne par exemple, cette dynamique de polarisation s’appuie avant tout sur le conflit entre la Russie et l’Ukraine et ses conséquences : 39 % des Polonais sont avant tout préoccupés par les risques liés aux conflits internationaux, un record. La victoire serrée des partis pro-européens de centre droit et de centre gauche qui soutiennent le premier ministre, Donald Tusk, doit se lire dans ce contexte : ils totalisent 50,3 % des suffrages, contre 36,2 % à la droite populiste du PiS et 12,1 % à l’extrême droite de Konfederacja.

Même situation de bipolarisation entre partis pro-européens et eurosceptiques en Slovaquie : le parti libéral Progresivne Slovensko, animé par la présidente Zuzana Caputova et membre du groupe Renew au Parlement européen, a remporté 27,8 % des suffrages. Mais derrière lui, le parti social-démocrate du premier ministre populiste, Robert Fico – qui a échappé à une tentative d’assassinat en avril –, recueille 24,7 % des voix, devant le parti d’extrême droite République (12,5 %) et un autre parti social-démocrate nationaliste, Hlas (7,2 %). Comme en Pologne, la forte bipolarisation sur les enjeux internationaux favorise le camp européen – mais de peu.

Italie et Espagne : vers une polarisation

En République tchèque, la polarisation est aussi forte dans un contexte où les préoccupations principales des citoyens portent sur l’immigration et sur l’indépendance énergétique et où la question ukrainienne est un peu plus lointaine qu’en Pologne et en Slovaquie. Dès lors, les citoyens ont donné l’avantage aux forces eurosceptiques avec la victoire du parti souverainiste ANO (26,1 %), très opposé au Pacte vert et à l’immigration plutôt qu’à Spolu (22,3 %), une coalition libérale. Les autres partis souverainistes, anti-écologistes et parfois pro-russes, ont aussi profité de la situation.

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