la Grande-Bretagne, les bureaux de poste italiens en Chine, des « classiques » et des timbres de France en feuilles en vedette

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Deux belles ventes sur offres clôturées les 11 et 16 décembre peuvent permettre aux collectionneurs de se faire plaisir à l’approche de Noël…

La maison parisienne Behr disperse plus de 2 700 lots dans une vente sur offres du 11 décembre.

En couverture du catalogue, pour les « classiques » de France de 1849, au type « Cérès », culminent un bloc de quatre exemplaires du 15 centimes vert, au prix de départ de 120 000 euros et un bloc de quatre du 1 franc carmin, à 37 500 euros. Un bloc de huit du 10 centimes bistre (mais tirage postérieur « de Londres » de 1851), avec un tête-bêche, pointe à 65 000 euros. Le vendeur précise que « ce tirage, toujours sans gomme, a été fait pour Sir Rowland Hill [1795-1879], le créateur du premier timbre au monde, en Grande-Bretagne en 1840. Seule pièce connue à ce jour ».

Bloc de huit du 10 centimes bistre (tirage « de Londres » de 1851), avec un tête-bêche, mis à prix à 65 000 euros.

Un 20 centimes noir, le premier timbre de France, oblitéré du premier jour emblématique de son utilisation, le 1er janvier 1849, sur une lettre de Lille pour Avignon, est proposé à partir de 27 500 euros.

Rare également, une bande de trois du 1 franc vermillon « terne », dit « étrusque », sur grand fragment de lettre, frappée du cachet à date d’Autrey, le 5 décembre 1849, à destination de Besançon, démarre à 90 000 euros.

Bande de trois du 1 franc vermillon « terne », dit « étrusque », sur grand fragment de lettre, cachet à date d’Autrey, le 5 décembre 1849, pour Besançon, 90 000 euros.

Parmi les cotes à cinq chiffres, on retiendra, à 33 000 euros, une paire tête-bêche du 20 centimes bleu sur azuré dit « Astruc » non émis, au type « Cérès » non dentelé.

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Au rand des « curiosités », une lettre frappée du cachet bleu croix potencée « Poste française-Jérusalem », bénéficiant d’un affranchissement quadricolore (10 centimes bistre, 20 centimes bleu, 40 centimes orange, 80 centimes carmin) « Napoléon III » non lauré légendé « Empire franc. » de 1853-1862, à destination de Paris, arrivée le 6 décembre, est mise à prix à 27 000 euros. Cette « combinaison » devance un autre affranchissement quadricolore sur une lettre chargée du Havre (30 septembre 1861) pour Jamnitz (Jemnice, en République tchèque), via Paris, Strasbourg, Vienne (Autriche, le 3 octobre), Znaim (Znojmo, en République tchèque), à 2 500 euros.

Lettre avec cachet bleu croix potencée « Poste française-Jérusalem », affranchissement quadricolore (10 centimes bistre, 20 centimes bleu, 40 centimes orange, 80 centimes carmin) « Napoléon III » non lauré légendé « Empire franc. » de 1853-1862, pour Paris, arrivée le 6 décembre, 27 000 euros.

La seule lettre connue chargée à 2 000 francs, avec un 5 francs de l’Empire (violet-gris et burelage doublé) d’Ambert pour Paris, du 26 janvier 1873, ne partira pas à moins de 21 000 euros, tandis qu’un 5 francs, mais sans le « 5 » et le « F » imprimés de part et d’autre de l’effigie, oblitéré du cachet rouge des imprimés de Paris, du 31 juillet 1874, est proposé à partir de 50 000 euros.

5 francs « Empire », sans le « 5 » et le « F » imprimés normalement de part et d’autre de l’effigie, oblitéré du cachet rouge des imprimés de Paris, du 31 juillet 1874, 50 000 euros. Etat défectueux du timbre « habituel » pour cette variété.

Curiosité, encore, à 120 000 euros, un timbre coupé (émission de « Bordeaux », 1870-1871) sur lettre de Coursegoules, du 20 novembre 1870, à destination de Vence (Alpes-Maritimes), est indiqué comme « seule pièce vue à ce jour ».

On reste dans cette période de guerre-franco-prussienne, avec un pli transporté par ballon monté, confié au Merlin-de-Douai, Gazette des absents datée du 25 décembre 1870, à destination de Riom (Puy-de-Dôme) touchée le 3 janvier 1871, avec cachet des aérostiers, pour 80 000 euros.

Guerre-franco-prussienne de 1870-1871, pli transporté par ballon monté, confié au « Merlin-de-Douai », « Gazette des absents » datée du 25 décembre 1870, à destination de Riom (Puy-de-Dôme) touchée le 3 janvier 1871, avec cachet des aérostiers, 80 000 euros.
Guerre-franco-prussienne de 1870-1871, verso du pli transporté par ballon monté, confié au « Merlin-de-Douai », « Gazette des absents » datée du 25 décembre 1870, à destination de Riom (Puy-de-Dôme) touchée le 3 janvier 1871. Cachet des aérostiers et timbre à date de Clermont-Ferrand.

On passe aux modernes de France, dont les gros prix reviennent à des feuilles complètes parmi de nombreux timbres affectés de défauts d’impression, les fameuses « variétés » chères aux philatélistes :

– Type « Blanc », surcharge rouge « 1/2 centime » renversée sur 1 centime gris, 700 euros ;

– 90 centimes rouge « Légion américaine » (1927), sans valeur dans le cartouche, 1 300 euros ;

– 1,50 franc + 8,50 francs, « Le Travail », feuille de 50 exemplaires, 7 500 euros ;

1,50 franc + 8,50 francs, « Le Travail », feuille de 50 exemplaires, 7 500 euros.

– 2 francs au type « Merson », « Exposition philatélique Le Havre 1929 », feuille complète de 25 exemplaires, sans charnière, 16 000 euros ;

–  20 francs « Pont du Gard », feuille de 50 timbres, « fraîcheur postale. Le tirage en feuille de 50 exemplaires est très rare. Moins de 4 vues à ce jour dans cet état », 20 000 euros ; une paire de ce timbre, non dentelée sur la longueur supérieure, coin de feuille, s’affiche à 35 000 euros ;

– timbre de poste aérienne, 50 francs « burelé », feuille de 25 exemplaires, datée du 15 juin 1936, 25 000 euros.

On continue avec les ex-colonies françaises, Monaco et le reste du monde…

On trouve un timbre du Maroc (poste locale, Mazagan à Marrakech) au type « Coucher du soleil au-delà de l’Atlas », rare erreur de couleur 50 centimes bleu (impression dans la couleur du 10 centimes), à 10 000 euros (un exemplaire vendu chez Feldman, en Suisse, à 7 200 euros en 2023, un autre proposé par La Postale philatélie à 10 000 euros en octobre).

Pour Monaco, une variété de double surcharge sur le 100 francs rouge de poste aérienne (1946), est à 14 000 euros. La maison Roumet en proposait un en juin à partir de 10 000 euros.

Monaco, variété de double surcharge sur le 100 francs rouge de poste aérienne (1946), prix de départ à 14 000 euros.

Rubrique Nossi-Bé, une erreur de valeur, 0,25 (au lieu de 0,15) surchargé sur 20 centimes brique sur vert, à l’état neuf, bord de feuille, est mis à prix à 32 000 euros. Une version, oblitérée cette fois-ci, avec un bord de feuille, n’avait pas trouvé preneur à 19 500 euros chez Roumet en octobre.

350 000 euros pour ce bloc de douze du 2 pence bleu (« two pence blue ») de 1840 de Grande-Bretagne.

La Réunion vaut un détour, avant de se diriger vers la Grande-Bretagne, et les 350 000 euros d’un bloc de douze du 2 pence bleu (« two pence blue ») de 1840, les 250 000 euros pour une enveloppe « Mulready » revêtue de cinq 2 pence bleu de 1840 pour Agra, en Inde, qui n’avait pas trouvé preneur en décembre 2022, ou encore un bloc de quatre du « Penny black » de Grande-Bretagne (timbre de service, « VR », lettres H-K, H-L, I-K et I-L, 1840), à 280 000 euros.

Bloc de quatre du « Penny black » de Grande-Bretagne à l’effigie de la reine Victoria (timbre de service, « VR », lettres H-K, H-L, I-K et I-L, 1840), 280 000 euros.

On termine sur des bons prix pour les bureaux de poste italiens en Chine, comme ce timbre surchargé « 2/DOLLARI/Pechino » sur 5 lires rose et outremer (1919), à 65 000 euros, et une collection de plis transportés par Zeppelin.

Un « service de pigeons voyageurs »

La vente clôturée le 16 décembre proposée par La Postale philatélie, à Paris, commence par quelques grosses cotes, comme ce bloc de quatre du 15 centimes vert foncé « Cérès », au prix de départ de 95 000 euros (là où Behr débute à 120 000 euros), ou encore cette sélection de dix-huit 1 franc vermillon, neufs, oblitérés, sur lettre, dont un exemplaire vermillon vif à 120 000 euros, « nuance particulièrement intense, neuf avec gomme d’origine intacte (…), grandes marges régulières ».

Bloc de quatre du 15 centimes vert foncé « Cérès », 95 000 euros.

Pour les plus petits budgets, un exemplaire de ce 15 centimes vert, « marge courte en haut mais filet intact », démarre à 2 700 euros…

Une paire tête-bêche du timbre non émis à 20 centimes « Cérès » de 1849, bleu foncé, avec gomme d’origine, bord de feuille, est à 65 000 euros. Toujours spectaculaire, une feuille entière de 150 exemplaires du 1 centime olive de l’Empire (1860), « fraîcheur postale », est mise à prix à 12 000 euros.

1 franc vermillon vif à l’effigie de Cérès, neuf, 120 000 euros.

Il n’est pas nécessaire de dépenser des sommes folles pour se faire plaisir avec des pièces spectaculaires ou des « moutons à cinq pattes »…

Bloc de quatre timbres imprimé recto-verso, haut de feuille, « Empire » non lauré dentelé (1862), 20 centimes bleu au recto (ici) et olive au verso avec double piquage (dentelure) décalé, prix de départ de 750 euros.
Bloc de quatre timbres imprimé recto-verso, haut de feuille, « Empire » non lauré dentelé (1862), 20 centimes bleu au recto et olive au verso (ici) avec double piquage (dentelure) décalé, prix de départ de 750 euros.

Un bloc de quatre timbres imprimé recto-verso, haut de feuille, « Empire » non lauré dentelé (1862), 20 centimes bleu au recto et olive au verso avec double piquage (dentelure) décalé, est au prix de départ de 750 euros.

Vous pouvez vous faire plaisir avec des courriers « historiques » transportés par ballons montés de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, utilisés durant le siège de Paris, pour quelques centaines d’euros. Pour un peu plus cher, à 1 600 euros, l’enveloppe transportée en novembre 1870 par le Ville-d’Orléans pour Amiens (Somme) contient une lettre émanant d’une compagnie d’assurances rappelant à son destinataire la création par l’administration des postes d’un « service de pigeons voyageurs pour la transmission des dépêches à Paris. Nous vous invitons, si vous n’avez pas pensé à user de cette voie pour communiquer avec nous, à l’employer pour nous faire connaître sommairement si la situation est généralement bonne dans les agences que vous avez à surveiller (…) ».

Texte transporté en novembre 1870 par ballon monté, le « Ville-d’Orléans », pour Amiens (Somme).

Un très bon texte « historique » – « On nous informe une manière de faire parvenir des lettres dans Paris – est-elle sûre ? – je ne sais, mais j’en essaie néanmoins pour vous écrire quelques mots (…) » – accompagne une lettre transportée par « boule de Moulins », datée de Bruxelles le 30 décembre 1870, postée à Bordeaux le 6 janvier 1871 (« la plupart des lettres en provenance de l’étranger étaient centralisées à Bordeaux où elles étaient remises à la poste »). Son prix ? 2 300 euros… bien moins que les 6 000 euros d’une autre « boule de Moulins » dont l’affranchissement est jugé de plus rare qualité, comportant surtout un cachet à date de repêchage à Pont-Audemer du 5 avril 1871 et une rare griffe « Trouvée dans une boîte échouée sur les bords de la Seine, à Quillebeuf (Eure) le 26 mars 1871 »…

Guerre franco-prussienne de 1870-1871, tentative d’entrée dans Paris d’un courrier transporté dans une « boule de Moulins » avec un cachet à date de repêchage à Pont-Audemer du 5 avril 1871 et une rare griffe « Trouvée dans une boîte échouée sur les bords de la Seine, à Quillebeuf (Eure) le 26 mars 1871 », à partir de 6 000 euros.

Au-delà des traditionnelles rubriques bien fournies (poste aérienne et ses timbres et ses plis de L’Ile-de-France, en 1928 ; carnets, etc.), les amateurs de timbres en feuilles trouveront leur compte (types « Mouchon », « Merson », « Semeuse », série « Orphelins », célébrités diverses, préoblitérés)… Ainsi, une feuille complète de 50 exemplaires du 20 francs couleur « chaudron », au type I du « Pont du Gard » émarge à 8 500 euros (soit 170 euros le timbre, pour une cote de 575 euros). « Probablement unique », avance le vendeur.

Les amateurs d’autographes de graveurs trouveront leur bonheur avec des épreuves d’artistes signées par Albert Decaris, Pierre Gandon, René Cottet, Claude Hertenberger, Claude Durrens, Pierre Béquet, etc. pour souvent quelques dizaines d’euros seulement.

A la rubrique Terres australes et antarctiques françaises, une collection complète (1955 à 2014, avec des multiples, les carnets de voyage, etc.) présentée en album, est estimée à 1 000 euros, pour une cote de 8 590 euros.

Poste consulaire française de Jérusalem, paire de timbres à 10 francs orange et vert (« Poste aérienne ») tenant à 6 francs orange et vert (« Poste françaises »), 6 500 euros.

Dans les curiosités, on relèvera la vente d’un timbre de la poste locale des missionnaires norvégiens (Norwegian Missionary Society, Société Missionnaire Norvégienne/NMS) du XIXe siècle à Madagascar, à 550 euros.

Et :

– Jérusalem, une paire de timbres à 10 francs orange et vert (« Poste aérienne ») tenant à 6 francs orange et vert (« Poste françaises »), 6 500 euros ;

– Polynésie française, une collection de non dentelés en feuilles complètes (1990-1997), à 1 100 euros (pour 17 206 euros de cote) ;

Colombie, lettre de Barranquilla pour Carthagène de mars 1920, avec timbre de la « Compania colombiana de navegacion aerea », 1 300 euros.

– Colombie, une lettre de Barranquilla pour Carthagène de mars 1920, avec un timbre de la Compania colombiana de navegacion aerea, 1 300 euros.

On termine avec la vente aux enchères Yvert et Tellier du 12 décembre, qui disperse 185 lots (des vracs, des ensembles, des cartons, de la cote pour pas cher), dont on retiendra, bénéficiant d’une estimation de 1 000 euros, une belle collection de France 1960-2020 (neufs et oblitérés), timbres-poste, carnets, blocs… dans onze albums et un classeur de vrac. Monaco, une belle collection des origines à 2003, dont blocs, poste aérienne… avec et sans charnière pour la première partie, en sept volumes, est à 850 euros. Trois gros classeurs de timbres et d’enveloppes « premier jour » de Hongkong (1992-2006) valent 400 euros.

Behr, 18, rue Drouot, 75009 Paris (courriel : behr@behr.fr et tél. : 01-43-12-37-67). Vente sur offres clôturée le jeudi 11 décembre.

La Postale philatélie, 55, passage des Panoramas, 75002 Paris. Vente clôturée le mardi 16 décembre. Tél. : 01-40-26-63-03. Courriel : contact@lapostale.fr.

Yvert et Tellier, vente aux enchères organisée le 12 décembre, à 14 heures 30, par le ministère de Denis Herbette (commissaire-priseur) assisté de Benoît Gervais (président-directeur général des éditions Yvert et Tellier). Yvert et Tellier,

2, rue de l’Etoile, 80090 Amiens.

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