la forêt amazonienne, confrontée aux incendies, a connu son pire premier semestre en vingt ans

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Un incendie dans la forêt amazonienne, à la frontière des Etats de Rondonia et d’Amazonas, dans le nord du Brésil, le 31 août 2022.

Le Brésil a enregistré 13 489 foyers d’incendie au premier semestre en Amazonie, le pire chiffre en vingt ans. Les experts attribuent cette hausse spectaculaire notamment à une sécheresse historique dans la plus grande forêt tropicale de la planète.

Depuis que ces données ont commencé à être compilées par l’Institut brésilien de recherches spatiales (INPE, public) en 1998, seules deux années ont vu plus de départs de feu en Amazonie identifiés au premier semestre : 2003 (17 143) et 2004 (17 340). Le total observé du 1ᵉʳ janvier au 30 juin 2024 est nettement supérieur à celui de la même période de 2023 (8 344), selon les données satellitaires disponibles lundi 1ᵉʳ juillet.

Il s’agit là d’une mauvaise nouvelle pour le gouvernement du président de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, alors que, parallèlement, la déforestation continue de baisser en Amazonie, un vaste territoire qui joue un rôle majeur contre le réchauffement climatique grâce à l’absorption de CO². D’après les données de l’INPE, la déforestation y a atteint 1 525 km² du 1ᵉʳ janvier au 21 juin, contre 2 649 km² au premier semestre de 2023, soit une réduction de 42 %. L’an passé, elle avait été réduite de moitié par rapport à 2022. Lula a promis de mettre fin d’ici à 2030 à la déforestation illégale en Amazonie, qui avait bondi sous son prédécesseur d’extrême droite, Jair Bolsonaro (2019-2022).

Selon Romulo Batista, porte-parole de l’antenne brésilienne de l’organisation Greenpeace, « le changement climatique contribue » à l’augmentation des feux de forêt, causés notamment par une sécheresse exceptionnelle qui a frappé l’Amazonie en 2023.

« Malheureusement la plupart des biomes naturels [les zones géographiques caractérisées par des écosystèmes et des conditions climatiques similaires] brésiliens subissent un stress hydrique à cause du manque de précipitations, a-t-il expliqué à l’Agence France-Presse. L’environnement devient plus sec, et une végétation plus sèche est plus vulnérable face aux incendies. » Romulo Batista estime cependant que « la plupart des départs de feu ne sont pas spontanés, ou causés par la foudre ». Pour lui, ils sont engendrés « par l’action humaine », notamment l’usage de la technique du brûlis pour l’expansion agricole.

Incendies record au Pantanal et au Cerrado

Les incendies de forêt ont par ailleurs atteint des niveaux record pour un premier semestre dans deux autres biomes riches en biodiversité situés au sud de l’Amazonie : le Pantanal, plus grande zone humide de la planète, et la savane du Cerrado.

Au Pantanal, région au cœur de l’actualité ces derniers jours avec des nuées de fumée et un ciel teint en rouge en raison des incendies, 3 538 départs de feu ont été recensés depuis le début de l’année, une augmentation de 2018 % par rapport au premier semestre de 2023. Cela représente aussi une augmentation de près de 40 % par rapport à 2020, quand tous les records avaient été battus et 30 % du biome avait été affecté sur toute l’année par les incendies.

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Sur le seul mois de juin, 2 639 foyers d’incendie ont été identifiés, six fois plus que le record précédent pour ce mois de l’année (435), datant de 2005. La situation est d’autant plus préoccupante que le pic des incendies est habituellement atteint au second semestre, notamment en septembre, au cœur de la saison sèche.

L’Etat du Mato Grosso, dans le centre-ouest du Brésil, où se trouve une grande partie du Pantanal, a décrété l’état d’urgence la semaine dernière, et le gouvernement a annoncé l’envoi de renforts de pompiers d’autres régions pour combattre les flammes.

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Le Cerrado a pour sa part enregistré presque autant de foyers d’incendie que l’Amazonie au premier semestre (13 229), battant le record précédent, qui remontait à 2007 (13 214).

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Le Monde avec AFP

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