la défense civile palestinienne annonce la découverte de dizaines de corps à Chadjaya, un quartier de la ville de Gaza

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Retrouvez notre point sur la situation d’hier.

Vue de Chadjaya, un quartier de l’est de la ville de Gaza, dévasté après deux semaines d’une vaste offensive lancée par l’armée israélienne, le 11 juillet 2024.

La guerre entre Israël et le Hamas a fait 38 345 morts dans la bande de Gaza, majoritairement des civils, selon un nouveau bilan diffusé jeudi 11 juillet par le ministère de la santé du mouvement islamiste palestinien. Côté israélien, 1 195 personnes sont mortes – il s’agit aussi de civils pour la plupart – lors de l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023, d’après un décompte de l’Agence France-Presse (AFP) établi à partir de sources officielles israéliennes. Selon l’armée israélienne, 680 soldats israéliens ont également été tués depuis.

La défense civile palestinienne annonce la découverte d’une soixantaine de corps à Chadjaya

Une soixantaine de corps ont été découverts sous les décombres de bâtiments à Chadjaya, un quartier de l’est de la ville de Gaza, dans le nord de l’enclave, a rapporté jeudi la défense civile du territoire palestinien. La veille au soir, l’armée israélienne a annoncé avoir achevé ses « opérations » lancées le 27 juin contre ce quartier, théâtre de violents combats depuis cette date. Selon la même source, en deux semaines, des « dizaines de terroristes » ont été éliminés et « huit tunnels » ont été démantelés. Cette offensive a poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir pour tenter de se mettre à l’abri.

« Lorsque les forces d’occupation israéliennes se sont retirées du quartier de Chadjaya (…) environ soixante martyrs » ont été exhumés des décombres, a affirmé dans un communiqué le porte-parole de la défense civile, Mahmoud Basal. Désormais, « 85 % des immeubles [du quartier] sont inhabitables », a-t-il déclaré, évoquant une « zone de désastre ».

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Poursuite des combats dans la bande de Gaza et discussions au Qatar en vue d’un cessez-le-feu

D’intenses combats se poursuivaient jeudi dans la bande de Gaza. L’armée israélienne a déclaré continuer son opération dans le centre de la ville de Gaza (Nord) contre des combattants « intégrés dans le quartier général de l’UNRWA », l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Des affrontements ont également lieu à Tal Al-Hawa, dans le sud de la ville. L’armée israélienne a aussi dit poursuivre ses opérations dans la région de Rafah (Sud), frontalière avec l’Egypte, affirmant que ses troupes avaient éliminé Hassan Abou Kouik, un des chefs des forces de sécurité interne du Hamas.

En parallèle, après des mois d’efforts diplomatiques restés vains, de nouvelles discussions se tiennent au Qatar (pays médiateur avec les Etats-Unis et l’Egypte) pour tenter d’avancer vers un cessez-le-feu et une libération des otages enlevés lors de l’attaque du 7 octobre 2023.

Jeudi, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a exigé qu’Israël conserve le contrôle d’une zone de la bande de Gaza frontalière de l’Egypte afin d’empêcher la « contrebande d’armes » à destination du Hamas. Cette exigence de conserver le « couloir de Philadelphie et le point de passage de Rafah » fait partie des « principes » posés par l’Etat hébreu dans le cadre des négociations en vue d’un accord, a dit M. Nétanyahou, alors que le Hamas exige de son côté l’évacuation de cette zone par l’armée israélienne.

L’armée israélienne reconnaît avoir « échoué » dans la défense d’un kibboutz, le 7 octobre 2023

L’armée israélienne a reconnu, dans un rapport publié jeudi, son « échec » lors de l’attaque par le Hamas du kibboutz de Beeri, le 7 octobre 2023. D’après ce document, 101 civils ont été tués durant l’attaque et 32 personnes ont été prises en otages, dont 11 sont encore dans la bande de Gaza. En outre, 23 soldats et 8 policiers ont été tués, selon le rapport, qui précise que « 340 terroristes s’étaient infiltrés dans le kibboutz ». L’armée affirme « ne pas avoir été préparée à un scénario d’une infiltration massive comme celle du 7 octobre » et reconnaît aussi « un manque de coordination » entre ses troupes sur place.

« Il est très important que l’armée ait pris ses responsabilités dans son échec total à nous protéger (…) alors que nous étions [la cible d’]une attaque maléfique sans égal », pointe le kibboutz dans un communiqué, en exigeant également la mise en place d’une commission d’enquête pour « que la perte incroyable » du kibboutz « ne puisse plus se reproduire ».

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Le G7 condamne la légalisation par Israël de cinq avant-postes de colonies en Cisjordanie occupée

Les chefs de la diplomatie du G7 – Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni – ont « condamn[é] » jeudi l’annonce par le gouvernement israélien de son intention de légaliser cinq avant-postes de colonies et de saisir 1 270 hectares de terres en Cisjordanie occupée« la plus grande saisie de terres depuis les accords d’Oslo », en 1993, soulignent les ministres dans un communiqué. « Le programme de colonies du gouvernement israélien n’est pas conforme au droit international », ajoutent-ils.

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Les avant-postes, des colonies sauvages, sont construits sans l’autorisation d’Israël, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967. Environ 490 000 Israéliens sont installés en Cisjordanie dans les colonies, au milieu de trois millions de Palestiniens.

Dans la foulée, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions visant « trois personnes et cinq entités israéliennes liées à des actes de violence contre des civils en Cisjordanie ». Premier soutien d’Israël, Washington vise notamment l’organisation d’extrême droite Lehava, accusée d’avoir été « impliquée dans des actes de violence répétés à l’encontre des Palestiniens ». Les Etats-Unis sanctionnent également quatre avant-postes de colonies « utilisés comme bases pour des actions violentes visant à déplacer des Palestiniens ».

Le Monde avec AFP

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