Kim Jong-un ouvre un congrès qui devrait être majeur pour l’avenir nucléaire du pays et l’alliance avec la Russie

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Le neuvième congrès du Parti des travailleurs de Corée, à Pyongyang, le 19 février 2026, sur une photo diffusée par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a ouvert, jeudi 19 février, un congrès crucial du Parti des travailleurs au pouvoir. L’évènement devrait servir à définir et annoncer un large éventail de priorités, et notamment les objectifs du régime en matière nucléaire.

Le neuvième congrès du parti unique « s’est ouvert lors d’une grande cérémonie à Pyongyang », a annoncé vendredi l’agence de presse officielle KCNA. Kim Jong-un, cité par l’agence, a salué un « tournant historique dans la mise en œuvre de la cause socialiste » de son pays. « Nous sommes ici, au neuvième congrès, remplis d’optimisme et de confiance en l’avenir », a-t-il affirmé.

Le congrès, qui a lieu tous les cinq ans, est le plus important rassemblement du parti au pouvoir. C’est un événement politique majeur qui, traditionnellement, renforce l’autorité du régime et peut servir de tribune pour annoncer des changements de politique ou des remaniements au sein de l’élite.

Depuis le précédent congrès de 2021, la Corée du Nord a continué à développer son arsenal nucléaire et a procédé à de multiples essais de missiles balistiques intercontinentaux, bafouant les interdictions du Conseil de sécurité de l’ONU. Pyongyang a aussi développé des liens étroits avec la Russie, envoyant notamment des soldats nord-coréens en soutien aux forces russes sur le front en Ukraine. En 2024, les deux pays ont signé un traité comprenant une clause d’assistance mutuelle en cas d’attaque.

Des annonces concernant les Etats-Unis ?

Kim Jong-un a vanté les mérites de la construction d’une nouvelle rue bordée d’immeubles d’habitations réservés aux familles des soldats tués en soutenant la guerre de la Russie contre l’Ukraine, ont rapporté lundi les médias d’Etat. Dans son discours d’ouverture, le dirigeant nord-coréen a affirmé jeudi que le pays avait surmonté les « pires difficultés » il y a cinq ans, mais qu’il abordait désormais une nouvelle étape remplie « d’optimisme et de confiance en l’avenir ».

Selon lui, le parti est aujourd’hui « confronté à des tâches historiques lourdes et urgentes : stimuler la construction économique et le niveau de vie de la population, et transformer tous les domaines de la vie étatique et sociale dès que possible ». Il a également vilipendé le « défaitisme profondément enraciné » et « l’immaturité dans les capacités de leadership » qui continuent d’entraver le travail du parti, signe de possibles représailles contre les responsables jugés insuffisants.

La Corée du Nord « a également consolidé de manière irréversible son statut sur la scène extérieure, entraînant un changement massif dans l’ordre politique mondial et les relations qui affectent notre pays », a-t-il ajouté, dans une apparente allusion aux déclarations répétées de Pyongyang se présentant comme une puissance nucléaire.

Cela fait plus de huit ans que la Corée du Nord a mené son sixième et dernier essai nucléaire sous-terrain sur le site de Punggye-ri, dans le nord-est du pays. Mais depuis le précédent congrès de 2021, la Corée du Nord a continué à développer son arsenal nucléaire et a procédé à de multiples essais de missiles balistiques intercontinentaux, bafouant les interdictions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les parades militaires accompagnant traditionnellement la tenue d’un congrès devraient être surveillées de près à l’étranger grâce aux images satellites, car le régime de Pyongyang a l’habitude de les utiliser pour mettre en avant ses armes les plus récentes et les plus puissantes.

Lors du précédent congrès, Kim Jong-un avait affirmé que les Etats-Unis étaient le « plus grand ennemi » de sa nation. La question est de savoir s’il pourrait adoucir cette position ou, au contraire, la durcir davantage. Lors d’une tournée en Asie l’année dernière, Donald Trump s’était dit « ouvert à 100 % » à une rencontre avec Kim Jong-un. Il s’est même positionné à rebours de plusieurs décennies de politique américaine en concédant que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire ». Mais Pyongyang n’a pas répondu à la proposition de M. Trump et a répété à plusieurs reprises qu’il n’abandonnerait jamais ses armes nucléaires.

Interrogations sur la fille du dirigeant

Kim Jong-un avait marqué les esprits l’année dernière en assistant, aux côtés des présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, à une gigantesque parade militaire célébrant à Pékin la victoire contre le Japon et la fin de la Seconde guerre mondiale 80 ans plus tôt – une démonstration frappante de la puissance de ses alliés et de son statut renforcé sur la scène politique mondiale.

La Corée du Nord est soumise à plusieurs séries de sanctions en raison de ses programmes d’armement nucléaire. Depuis des années, l’économie nord-coréenne est moribonde et les pénuries alimentaires sont chroniques.

Fin janvier, Kim Jong-un a supervisé le tir d’essai de missiles depuis un lance-roquettes multiple et a affirmé que Pyongyang comptait lors du congrès « clarifier les plans pour la prochaine étape visant à renforcer la force de dissuasion nucléaire du pays ». Le dirigeant était alors accompagné par sa fille, Ju Ae, considérée comme sa probable successeure. Une attention particulière sera portée à la question de savoir si Ju Ae se verra attribuer un titre officiel lors du congrès.

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Le Monde avec AFP



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