Joe Biden maintient sa candidature mais ne rassure pas le camp démocrate

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Joe Biden lors d’une réunion publique à Madison, dans le Wisconsin, le 5 juillet 2024.

Opération sauvetage. Après une semaine de flottement à la Maison Blanche et de panique dans les rangs démocrates, Joe Biden a tenté, vendredi 5 juillet, de mettre un terme à l’hémorragie causée par sa prestation désastreuse lors du débat face à Donald Trump. Une stratégie destinée à interrompre les spéculations qui menacent d’emporter sa candidature.

Ce fut d’abord un message sur le réseau X. « Laissez-moi le dire aussi clairement que possible : je suis le président en fonction des Etats-Unis. Je suis le candidat désigné du Parti démocrate. Je reste dans la course. » Puis ce fut une réunion publique à Madison (Wisconsin), l’un des Etats les plus disputés de l’élection présidentielle. Et enfin dans la soirée, un entretien très attendu sur la chaîne ABC, devenu au fil de cette semaine de crise ouverte un test de vitalité, de motivation et de compétence cognitive.

Un test ne levant guère les doutes. Vingt-deux minutes sans coupes, un président à la voix définitivement fanée, enfermé dans un château de cartes psychologiques et politiques menaçant de s’effondrer au prochain souffle contraire. « Avez-vous regardé à nouveau le débat ? », demanda le journaliste George Stephanopoulos. « Je ne crois pas, non. » Etait-ce juste un débat raté ? « J’étais épuisé. Je n’ai pas écouté mon instinct, en termes de préparations. J’ai eu une mauvaise soirée. » Joe Biden endosse toute la responsabilité de l’échec, mais en ajoutant : « J’étais malade, je me sentais très mal. » Le président prétend aussi avoir été « distrait » par le fait que Donald Trump, « menteur pathologique », continuait à parler, le micro coupé.

« J’ai un test cognitif chaque jour »

Etes-vous le même homme qu’il y a trois ans ? lui demanda le journaliste. Joe Biden répondit en citant ses succès, c’est-à-dire en ne répondant pas. Il tenta, contrairement au débat, de parler de l’avenir, de crèches et de couverture médicale pour tout le monde. Il refusa surtout d’accepter l’idée de se soumettre à une évaluation neurologique, dont les résultats seraient publiés. « J’ai un test cognitif chaque jour », rétorqua Joe Biden, au sujet de son travail. Mais le plus frappant dans la performance du président américain fut l’épaisseur du déni dans lequel il était séquestré. Déni des sondages contraires, de la contestation au sein du Parti démocrate, de sa propre dégradation physique et cognitive. « Personne n’est plus qualifié que moi pour être président ou gagner cette élection », a-t-il martelé.

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A la descente de l’avion à Madison, Joe Biden a fait mine d’accélérer sa foulée sur deux mètres avant de s’engouffrer dans la voiture. Il y avait dans ce geste pour les caméras quelque chose de surjoué et d’inutile. Une fois dans la salle, pour un meeting de campagne se voulant ordinaire, un jeune homme déroula rapidement une affiche dans le dos de l’orateur. « Transmets la flamme, Joe. » Au cours de son discours, Joe Biden a invoqué la légitimité du vote lors des primaires démocrates, et défendu la force de son bilan, comme s’il s’agissait de cela : une évaluation politique classique. Il a expliqué qu’il n’allait pas « laisser un débat de 90 minutes effacer trois ans et demi de travail. »

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