Joe Biden face au risque de l’escalade avec l’Iran après la mort de trois soldats américains en Jordanie

4399


Le président américain Joe Biden, à West Columbia, en Caroline du Sud, le 28 janvier 2024, après l’annonce de la mort de trois soldats américains en Jordanie.

Restaurer la dissuasion américaine sans provoquer une confrontation armée avec l’Iran : la riposte à la mort, dimanche 28 janvier, de trois soldats américains dans une attaque contre une base à la frontière entre la Jordanie et la Syrie pose un choix cornélien à Joe Biden. « Nous allons répondre », a assuré le président américain, accusant des « groupes de combattants radicaux soutenus par l’Iran opérant en Syrie et en Irak ». Alors que le camp républicain appelle à une frappe directe contre l’Iran, M. Biden a ajouté : « N’ayez aucun doute : nous allons faire rendre des comptes à tous les responsables, quand et comme nous le voulons. » C’est la première fois que des militaires américains sont tués par des tirs de milices pro-iraniennes au Proche-Orient depuis que ces attaques se sont intensifiées, en réponse aux bombardements israéliens sur la bande de Gaza, mi-octobre 2023.

L’attaque, menée au moyen d’un drone, a visé dimanche matin la base T-22 dans le nord-est de la Jordanie, à la frontière avec la Syrie. Selon le Commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom), 350 membres de l’armée de terre et de l’air y sont stationnés, notamment dans le cadre de la lutte contre l’organisation Etat islamique. En plus de tuer trois soldats, la frappe en a blessé 34 autres, dont 8 ont dû être évacués vers la Jordanie, a précisé le Centcom. Les défenses aériennes n’ont pas réussi à intercepter le drone, lancé depuis la Syrie.

Dimanche, la Résistance islamique en Irak a revendiqué des attaques au drone contre trois bases américaines en territoire syrien, citant notamment la zone de Rukban, dont est proche la base de soutien logistique T-22. Depuis le 17 octobre, cette nébuleuse de milices irakiennes proches de l’Iran a revendiqué près de 160 attaques au drone, à la roquette et au missile balistique contre des bases américaines en Syrie et en Irak. Ces tirs n’avaient fait jusque-là que des blessés légers.

Interception d’armes iraniennes

Ces groupes fustigent le soutien de Washington à Israël et réclament le départ des troupes américaines de la région. Les Etats-Unis ont répondu par des frappes ciblées en Irak et en Syrie. La Jordanie, qui accueille 3 000 soldats américains, est visée pour la première fois. Un responsable sécuritaire jordanien, cité sous le couvert de l’anonymat par l’agence Reuters, a appelé Washington à lui livrer des batteries de défense aérienne Patriot.

Alors que ni l’Iran ni les Etats-Unis ne souhaitent une confrontation armée, les deux pays ennemis sont entraînés dans une escalade depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le 7 octobre 2023. Les groupes alliés à Téhéran au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen ont accentué leurs attaques contre Israël et son allié américain pour exiger un cessez-le-feu à Gaza.

Il vous reste 40% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link