Jill Biden, une First Lady très politique, protectrice du président américain et de son clan

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Le président américain Joe Biden et son épouse, Jill Biden après le premier débat télévisé de la campagne présidentielle américaine, à Atlanta, le 27 juin.

Un silence interminable, pas un regard, pas une poignée de main, le direct a tardé à être coupé jeudi 27 juin sur CNN à l’issue du débat entre les deux candidats à la présidentielle américaine, Donald Trump et Joe Biden. Puis Jill Biden, la femme du président démocrate, est arrivée sur le podium, pendant que M. Trump s’esquivait. Elle a aidé son mari à descendre quelques marches. Quelques instants après, Mme Biden l’a félicité lors d’un bref meeting avec des militants démocrates. « Joe, tu as fait un boulot super, tu as répondu à toutes les questions. Tu connaissais tous les faits. Qu’a fait Trump ? Mentir », a lancé à la foule Mme Biden, dont la vitalité ne fait que rendre la faiblesse de son époux plus criante.

Ces images devenues virales ont révélé le rôle central de la First Lady, 73 ans, dans la campagne présidentielle après le débat calamiteux de Joe Biden, âgé de 81 ans. « Qui est le commandant en chef ? », surnom du président des Etats-Unis, a demandé sur X le républicain Chip Roy, élu du Texas à la Chambre des représentants. « Je n’ai aucun respect pour Jill Biden. Encourager son mari à se ridiculiser ainsi n’est pas de l’amour », a renchéri Lisa Boothe, contributrice de Fox News. A gauche, on appelle la First Lady à prendre ses responsabilités et à faire renoncer son mari. « Faites venir Jill. Il est temps de passer à la partie pénible du mariage, celle où soutenir votre conjoint signifie lui dire des choses très, très dures », écrit la chroniqueuse du Washington Post Monica Hess.

S’il n’est pas possible de connaître les échanges privés du couple, il est clair que Jill Biden joue un rôle majeur dans la famille et les choix politiques de son mari. Elle est la seconde femme de M. Biden, qui avait perdu sa première épouse et leur petite fille dans un accident de voiture en 1972. Ils se sont mariés en 1976 et c’est elle qui a éduqué les deux fils de M. Biden, Beau et Hunter. L’aîné, Beau, fils modèle, ancien combattant en Irak, décédé d’un cancer du cerveau en 2015. Le cadet, Hunter, fils prodigue, qui a sombré dans la drogue et l’affairisme, condamné le 11 juin pour port d’arme illégal. « Jill est arrivée à un moment vraiment important et a permis à ma famille de se reconstituer. Elle est le ciment qui a maintenu notre famille ensemble », avait déclaré Joe Biden en 2021.

« Nous pouvons finir le job »

« Tu l’aimeras, Joe. Elle n’aime pas la politique », avait dit Frank, le frère de Joe Biden, en l’encourageant à rencontrer Jill. En réalité, Jill fut de tous ses combats politiques. Sceptique sur la première candidature de 1988, elle avait poussé son mari à se présenter en 2008 puis à accepter le poste de vice-président proposé par Barack Obama que M. Biden avait dans un premier temps décliné. En 2016, la mort de Beau traumatisa la famille et fit renoncer Joe. « J’avais prévu de me présenter avant que Beau ne tombe malade », se résigna M. Biden. Jill en perdit temporairement la foi chrétienne, mais pas celle en son mari. « Joe aurait fait un très bon président. Peut-être que l’Amérique a manqué une occasion », regrettait-elle dès avril 2016 sur NBC.

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