Jean-Vincent Placé sera jugé à Paris pour agressions sexuelles

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Jean-Vincent Placé au tribunal de Paris, le 11 juillet 2018.

L’ancien secrétaire d’Etat écologiste Jean-Vincent Placé, déjà condamné pour harcèlement sexuel en 2021, sera jugé à Paris pour des agressions sexuelles sur deux femmes entre 2016 et 2017, selon des éléments de l’ordonnance de renvoi le visant dont l’Agence France-Presse (AFP) a eu connaissance mardi 25 novembre.

Le magistrat instructeur a signé le 20 novembre un renvoi conforme aux réquisitions du parquet de Paris pour Jean-Vincent Placé, 57 ans, qui a contesté, au cours de l’enquête, avoir sexuellement agressé une ancienne collaboratrice et dit ne pas se souvenir avoir fait de même pour une autre femme. La date d’audience n’est pas fixée à ce stade.

Pour le juge, M. Placé a agi selon un même « mode opératoire » : dans des taxis, en déplacement professionnel à l’étranger et alors qu’il était alcoolisé. L’ex-responsable écologiste « a toujours très fermement contesté et conteste toujours les faits qui lui sont reprochés. Il s’en expliquera largement et sans détour devant le tribunal afin de faire reconnaître son innocence », a déclaré à l’AFP Jade Dousselin, son avocate avec Lisa Janaszewicz.

« Volubile et un tout petit peu tactile »

L’enquête avait été déclenchée par une plainte d’Audrey (prénom modifié), révélée à la fin de 2021 par l’AFP et Mediapart, et qui n’a pas souhaité commenter l’information mardi. Audrey l’accusait de plusieurs agressions sexuelles, et notamment de lui avoir touché les seins lors d’une soirée à Séoul, en Corée du Sud, en mai 2016, et aussi plus généralement de l’avoir harcelée sexuellement sur plusieurs mois, lorsqu’elle travaillait pour lui au Sénat puis au secrétariat d’Etat à la réforme et à la simplification.

Pour ces faits, M. Placé a été mis en examen en mars 2022, notamment pour « agression sexuelle par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions ». Il s’est alors décrit comme « volubile et un tout petit peu tactile, mais sans l’être beaucoup ».

Au cours de l’enquête, plusieurs hauts responsables écologistes ont témoigné en faveur de M. Placé. Une figure centriste a, au contraire, appuyé les déclarations d’Audrey. S’agissant précisément de l’agression sexuelle en Corée, les accusations d’Audrey ont été corroborées par le témoignage d’un officier de sécurité, qui a déclaré avoir entendu M. Placé dire « t’es ma préférée » et Audrey répondre « enlève ta main ».

La deuxième plaignante, qui n’entretenait pas de lien professionnel avec M. Placé, l’accuse de lui avoir touché les seins, les cuisses et d’avoir tenté de mettre sa main entre ses jambes lors d’une soirée à l’occasion de la journée internationale de la francophonie, en Corée du Sud en mars 2017.

Etat d’ébriété

« Cette décision clôture une procédure qui a été longue et éprouvante pour mes clientes », a salué leur avocat, Tewfik Bouzenoune. « Nous avons hâte d’entendre ses explications, fussent-elles des dénégations. Nous espérons toutefois que le temps écoulé lui a permis de prendre de la distance, pour ne pas dire de la hauteur, par rapport au positionnement qu’il a toujours adopté dans ce dossier », a poursuivi le conseil. « C’est un moment de vérité que mes clientes appréhendent mais qu’elles affronteront avec constance et détermination », a-t-il ajouté.

M. Placé présente des antécédents dans son casier judiciaire : le 1er mars 2021, il avait été condamné à une amende pour harcèlement sexuel sur une gendarme en 2016, alors qu’il était membre du gouvernement sous François Hollande, des faits qu’il avait reconnus lors d’une audience. Trois ans plus tôt, il avait déjà été condamné pour des faits de violence, « outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique » et injure raciale. Dans les deux cas, il était en état d’ébriété.

Selon un examen psychologique réalisé à la mi-2022, Jean-Vincent Placé « se remet en cause et a entamé une démarche de soin pour sa consommation d’alcool ». Lors de sa mise en examen, M. Placé déclarait avoir diminué sa consommation d’alcool et faire désormais « le choix de rester chez lui quand il buvait ».

Le Monde avec AFP

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