Frédéric Moynier, le cosmochimiste qui a décroché la Lune

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Frédéric Moynier, cosmochimiste à l’Institut de physique du globe de Paris, le 15 décembre 2025.

Viser la Lune, ça ne lui fait pas peur. Mais on n’ira pas jusqu’à parler d’« usure », comme Amel Bent dans sa chanson Ma philosophie, car Frédéric Moynier est plutôt du genre infatigable et n’est pas si facile à attraper. Entre deux rendez-vous à Washington et en Chine, le chercheur de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) nous reçoit dans son bureau, à deux pas du Muséum national d’histoire naturelle, qui abrite l’une des plus larges collections de roches du monde, y compris d’origine extraterrestre. Pas de quoi impressionner notre hôte du jour, qui conserve dans son bureau des échantillons des astéroïdes Ryugu et Bénou, rapportés sur la Terre par les agences spatiales japonaise et américaine au prix d’audacieuses missions. Ces quelques grains conservés dans de lourds conteneurs spéciaux dont la paroi métallique fait plusieurs centimètres d’épaisseur ne sont pas les seuls trésors sur lesquels travaille ce cosmochimiste.

Son coffre-fort contient également des roches lunaires du programme Apollo et de la mission Chang’e-5. Car Frédéric Moynier, nommé en janvier directeur adjoint de la recherche à l’IPGP, est l’un des rares chercheurs au monde à travailler sur les roches lunaires des programmes à la fois américains et chinois. Une reconnaissance internationale qui va de pair avec celle du domaine dont il s’est fait très tôt l’un des grands spécialistes, et qui est devenu indispensable dans notre compréhension de l’histoire du Système solaire, celui de la géochimie isotopique des métaux.

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