
Avec 66 % des suffrages, l’ancien secrétaire général du Parti socialiste Antonio José Seguro a été élu président de la République portugaise lors du second tour de la présidentielle, le 8 février. Il devance ainsi largement le candidat d’extrême droite, André Ventura.
La campagne a cependant été perturbée par trois graves dépressions qui ont récemment frappé le Portugal, provoquant 14 décès et privant des centaines de milliers de personnes d’électricité pendant plusieurs jours. Les images de toitures arrachées, d’arbres déracinés, de rues sous les eaux ont dominé les écrans de télévision.
La large victoire remportée par Antonio José Seguro, avec presque 3,5 millions de bulletins en sa faveur, lui permet de dépasser d’un peu plus de 50 000 voix le record établi en 1991 par Mario Soares, le secrétaire général du Parti socialiste. L’abstention reste malgré tout élevée, plus de 41 % des électeurs vivant au Portugal n’ont pas voté.
Le score réalisé par Antonio José Seguro n’empêche pas l’accroissement de la polarisation, notamment sous l’effet des catastrophes naturelles des derniers jours. Mais il faut aussi souligner l’impact d’un cycle électoral intense que la présidentielle vient conclure. Depuis mars 2024, cinq scrutins ont eu lieu, dont deux législatives anticipées.
Un cas exceptionnel en Europe
En dépit de sa défaite, André Ventura, en campagne presque continue depuis deux ans, ne manque pas de se présenter en nouveau leader de la droite. Lors de la présidentielle précédente, en 2021, il n’avait recueilli que 490 000 voix ; aujourd’hui, ce total est passé à 1 700 000. Avec 60 députés, son parti, Chega (« ça suffit »), est désormais la deuxième formation politique la plus représentée à l’Assemblée après les législatives de mai 2025.
Au soir du second tour, fort de ses 33 %, André Ventura a assuré : « Nous allons rapidement gouverner ce pays. » L’Alliance démocratique (coalition des deux partis de droite, le Parti social-démocrate et le Centre démocratique et social), au pouvoir, ne possède qu’une majorité très relative (88 députés sur 230). André Ventura peut donc espérer que de nouvelles élections anticipées lui permettent d’arriver en tête : il n’est qu’à un peu moins de 300 000 voix du nombre d’électeurs qui ont permis à Luis Montenegro de se maintenir au pouvoir en mai 2025.
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