

Ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Elisabeth Borne fait de la formation des enseignants la « mère des batailles ». La réforme qu’elle relance, avec le premier ministre, François Bayrou, place le concours à bac + 3 et propose deux années de master rémunérées.
Quel est le sens de la réforme de la formation que vous annoncez, la cinquième en trente ans ?
Je suis convaincue que les modalités de recrutement et de formation de nos professeurs sont la mère des batailles si on veut élever le niveau des élèves. Nous sommes l’un des seuls pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] à ne pas avoir de parcours complet de formation pour nos enseignants, et quatre professeurs sur cinq disent qu’ils n’ont pas été suffisamment préparés au métier. Dans le même temps, nous connaissons une crise d’attractivité de ce métier. Quand le concours est passé au niveau master 2 [en 2022], on a constaté une chute de 45 % du nombre de candidats sur le premier degré. On se retrouve, par conséquent, dans certaines académies, à recruter avec des niveaux qui sont très en dessous de la moyenne.
Il vous reste 83.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.